Contrairement à la BCE, la BNS peut se permettre d’attendre

Philipp Burckhardt, Lombard Odier Investment Managers (LOIM)

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Avec une situation qui se détend au Moyen-Orient, les perspectives de croissance s’améliorent, car les risques négatifs sont moins fortement pondérés.

Contrairement à la BCE, la BNS laisse son taux directeur inchangé à 0%. Deux facteurs expliquent cette décision. Avec une situation qui se détend au Moyen-Orient, les perspectives de croissance s’améliorent, car les risques négatifs sont moins fortement pondérés. Par ailleurs, la fermeture du détroit d’Ormuz pèse sur l’économie en faisant grimper les prix de l’énergie, ce qui entraîne depuis plusieurs mois une hausse de l’inflation en Suisse. Toutefois, comme l’inflation repart d’un niveau bas et reste encore dans la partie inférieure de la fourchette de stabilité des prix définie par la BNS, celle-ci peut, contrairement à la BCE, se permettre d’attendre avant d’augmenter les taux.

Cela se reflète également dans une prévision d’inflation de la BNS légèrement plus élevée que lors de la dernière évaluation de la situation. Une incertitude moindre et un différentiel de taux d’intérêt plus élevé par rapport à la BCE devraient atténuer la demande pour les valeurs refuges telles que le franc suisse – un effet également positif. Dans ce contexte, la BNS peut observer l’évolution de manière relativement sereine et ne serait contrainte de relever ses taux qu’en cas de pressions inflationnistes plus marquées. Nous ne nous attendons toutefois pas à un tel scénario dans l’environnement actuel. À l’inverse, le retour des taux d’intérêt négatifs est encore moins probable aujourd’hui.

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