Comment développer les start-up genevoises?

Salima Barragan

1 minutes de lecture

Genève manque de sociétés à très forte croissance, estime Aline Yazgi, auteure d’une étude sur les sciences de la vie.


Aline Yazgi, économiste. © Maud Guye-Vuillème

Les sciences de la vie ne connaissent pas la crise. Au cœur de l’écosystème des biotechs et des medtechs, Genève jouit de la présence de l’OMS et c’est précisément dans la cité de Calvin que se dessinent les accès aux vaccins du COVID-19. Pourtant, selon Aline Yazgi, auteure d’une étude économique portant sur l’industrie réalisée sur mandat de la CCIG et de la BCGE, avec la collaboration de l'OCSTAT, Genève manque de sociétés à très forte croissance.

Un secteur en mutation

Si le COVID-19 a mis en lumière un certain nombre d’acteurs inconnus du public, il a aussi piloté le modèle d’affaire de certaines entreprises genevoises. Au-delà de cet épisode inédit, l’étude dresse le portrait d’un secteur en pleine mutation grâce à la convergence des nouvelles technologies: thérapies numériques et réalité virtuelle, objets connectés et big data, intelligence artificielle dans l’aide au diagnostics, protonthérapie dans le traitement du cancer. «On se dirige vers la médecine des quatre P: Prédictive, Préventive, Personnalisé et Participative», explique Aline Yazgi qui note également que de nouveaux acteurs commencent à s’intéresser davantage à ce type d’activités.

Les jeunes pousses peinent à lever
des sommes importantes et rapidement.
L’attractivité de la «Health Valley lémanique» pour les grosses entreprises

L’excellente réputation de la Suisse continue à attirer des entreprises internationales déjà bien établies comme la biotech américain Incyte, qui s’est dotée d’un nouveau siège européen à Morges et d’un centre de production à Yverdon. Ou encore ORamaVR et Alcon qui ont transféré leur siège social à Genève et enfin JSR Life Sciences (repreneur de Selexis), qui a aussi ouvert une filiale à Genève. Mais ce sont les structures plus importantes qui consolident l’écosystème et qui attirent le gros des capitaux. Si davantage de fonds de capital-risque basés en Suisse ou à l’étranger ainsi que des Business Angels soutiennent les divers projets, l’étude relève que malgré l’accroissement de financements disponibles, les jeunes pousses peinent à lever des sommes importantes et rapidement.

Promouvoir les licornes à Genève

Selon Aline Yazgi, l’Arc lémanique compte une licorne dans le canton de Vaud: MindMaze, active dans les traitements neurologiques basés sur la réalité virtuelle. Mais aucune sur Genève alors que le canton compte près de 500 entreprises dans les sciences de la vie. Pour quelle raison?«La réponse est très difficile à donner. Elle implique de nombreux ingrédients tels que la bonne technologie, le bon secteur, la bonne équipe, les bons partenaires financiers, les bons clients, et fournisseurs, les bonnes décisions au bon moment, les bons réseaux et... la chance» évoque l’auteure de l’étude. D’ici la naissance des futures licornes genevoises, «le mieux que les acteurs publics puissent faire est de s'assurer que les bonnes conditions cadres soient réunies et éventuellement accorder une importance particulière aux entreprises en forte croissance comme dans le canton de Vaud qui a un programme intéressant à ce sujet», conclut-elle.

A lire aussi...