Les banques européennes ont une nouvelle fois dépassé les prévisions au deuxième trimestre 2026. Le cycle actuel de révisions bénéficiaires à la hausse, le plus long de leur histoire récente, se poursuit ainsi après quatre années de progression du secteur.
Depuis le début de la saison des résultats, lancée le 14 juillet avec la publication de DNB, les banques européennes ont enregistré une surperformance boursière d’environ 2%. Cette performance globale masque toutefois des différences considérables entre les établissements.
Un dépassement médian de 6%
Le résultat avant impôts a dépassé le consensus de 6% en médiane, contre 3% au premier trimestre 2026 et 4% au dernier trimestre 2025. Les surprises positives ont été environ six fois plus nombreuses que les déceptions.
Le résultat net a dépassé les attentes de 5% et le résultat avant provisions de 3%. Les analystes ont parallèlement relevé leurs prévisions de bénéfices par action de 1,5%, soit une seizième révision trimestrielle consécutive à la hausse.
Les prévisions de revenus ont été relevées de 2%, tandis que celles concernant les coûts et la qualité des provisions ont été légèrement abaissées.
Dans le détail, les revenus sont ressortis 3% au-dessus des attentes, les coûts pratiquement en ligne et les provisions environ 7% en dessous du consensus.
Le marché accorde cependant davantage de valeur aux revenus – notamment aux revenus d’intérêts – et à la maîtrise des coûts qu’à une baisse des provisions, jugée plus difficile à extrapoler. Les prévisions de revenus ont ainsi été relevées de 2%, tandis que celles concernant les coûts et la qualité des provisions ont été légèrement abaissées.
Une saison, une quarantaine de réalités
Les chiffres agrégés masquent une forte dispersion. Sur une base ajustée, Deutsche Bank a dépassé les estimations de 23% et BPER de 17%. Bank of Ireland a fait mieux que prévu de 15% et NatWest de 11%.
A l’autre extrémité, BCP a manqué les attentes de 5% et CaixaBank de 11%. Les révisions bénéficiaires ont également fortement varié: elles ont progressé de 6% pour Bank of Ireland et ABN Amro, et de 5% pour UBS, mais ont reculé de 4% pour RBI et de 3% pour Sabadell.

Source: Bloomberg
Il n’existe donc pas véritablement une seule saison bancaire européenne, mais près d’une quarantaine de trajectoires individuelles.
Tous les dépassements ne se valent pas
La réaction du marché dépend moins de l’ampleur de la surprise que de sa provenance. La forte dynamique de la gestion de fortune chez Standard Chartered a été bien accueillie. A l’inverse, Julius Baer a été pénalisée par des chiffres de collecte décevants.
Les revenus nets d’intérêts restent également déterminants. SEB a surperformé l’indice sectoriel d’environ 4%, tandis que Handelsbanken a sous-performé dans une proportion comparable, reflétant des dynamiques opposées en matière de revenus d’intérêts. CaixaBank et AIB ont également été sanctionnées pour leur faiblesse dans ce domaine.
Ces différences ont été d’autant plus visibles que les taux sont restés relativement stables au deuxième trimestre. En l’absence d’une tendance directionnelle forte, les caractéristiques propres à chaque établissement reprennent davantage d’importance.
Le capital peut l’emporter sur les bénéfices
Les politiques de distribution jouent également un rôle crucial. UniCredit a publié de bons résultats, mais sous-performé le secteur d’environ 2% le jour de leur annonce. Sabadell a, au contraire, présenté des résultats médiocres tout en surperformant dans une proportion comparable.
Ces réactions opposées s’expliquent notamment par des décisions différentes concernant leurs programmes de rachat d’actions, l’un ayant été repris et l’autre annulé. Une annonce relative au capital peut ainsi peser davantage sur le cours qu’une surprise bénéficiaire.
Le soutien discret du coût du risque
Au deuxième trimestre, les provisions ont été inférieures au consensus de 7% en médiane. Les écarts ont été particulièrement importants chez Raiffeisen, Handelsbanken, Bank of Ireland, DNB et NatWest.
Depuis la pandémie, les différents chocs macroéconomiques ont régulièrement fait craindre une détérioration des bilans bancaires. Jusqu’à présent, ces scénarios ont été démentis par leur résilience, qui reflète notamment la transformation des pratiques d’octroi de crédit depuis 2008.
Le taux de provisionnement agrégé reste compris entre 40 et 45 points de base dans les modèles des analystes. Les données de l’Autorité bancaire européenne oscillent, pour leur part, entre 45 et 55 points de base depuis 2021.
Un potentiel encore inégalement réparti
Les banques européennes disposent globalement de fonds propres suffisants, maintiennent des distributions généreuses et conservent un coût du risque maîtrisé.
Le «spread client», leur principale source de revenus, progresse depuis mai 2022. Il reste néanmoins inférieur à sa moyenne historique de 252 points de base et à la moyenne de 292 points de base observée avant la période de taux directeurs nuls ou négatifs de la Banque centrale européenne.

Source: BCE, Axiom AI
Même si elles poursuivent leurs efforts de diversification vers les métiers à commissions, la hausse des revenus d’intérêt devrait donc se poursuivre.