Atténuation du choc de l’offre – Check conjoncturel de Raiffeisen

Raiffeisen Economic Research

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Après l’accord-cadre entre USA et Iran, les prix de l’énergie se sont corrigés à une vitesse étonnante. Les altercations omniprésentes au Moyen-Orient rappellent les risques de revers qui ne sauraient être sous-estimés.

Le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran est plus fragile que jamais. Jusqu’à présent, le prix du pétrole n’a toutefois réagi que modérément, les deux parties conservant un intérêt à œuvrer en faveur d’une détente durable. Après l’accord-cadre, les prix de l’énergie se sont déjà corrigés à une vitesse étonnante. Les risques d’effets indirects des prix de l’énergie sur l’inflation ont ainsi diminué, si bien que la BCE pourrait renoncer à un nouveau resserrement modéré. La BNS, quant à elle, n’a pas besoin d’intervenir et reste bien positionnée avec son taux zéro.


La hausse des prix de l’énergie dans le sillage du conflit avec l’Iran a certes été marquée; compte tenu de l’importance de l’offre provenant de la région du Golfe pour l’approvisionnement mondial, les prix records du baril de Brent, à un peu plus de 120 dollars, n’avaient toutefois rien d’exceptionnel. Pour «imposer» une baisse durable de la demande équivalant à près de 20% de l’offre mondiale, des études empiriques suggèrent un prix du pétrole pouvant dépasser 200 dollars. L’Agence internationale de l’énergie a également évoqué le plus grand choc de l’offre de l’histoire.

Cette réaction plutôt modérée des prix s’explique par plusieurs raisons. Tout d’abord, le marché pétrolier était en surproduction au moment où la crise a éclaté. De plus, des oléoducs permettent d’acheminer plusieurs millions de barils par jour en contournant le détroit d’Ormuz, avec une augmentation modérée de la production dans les régions productrices non touchées. Cela représente déjà un soulagement considérable sur le long terme. De plus, les stocks importants, notamment en Chine et aux Etats-Unis, ont permis de pallier la pénurie d’approvisionnement au cours des premiers mois. Et enfin, le détroit d’Ormuz n’était pas entièrement bloqué. Des données de surveillance par satellite indiquent que, notamment depuis le cessez-le-feu, le «transit fantôme» a augmenté pour atteindre un tiers du niveau d’avant-guerre. Ainsi, la baisse de l’offre après le début du conflit est restée globalement très limitée.

Une réduction rapide des réserves ne constitue toutefois pas une solution durable. Et à long terme, une application plus stricte de l’interdiction de transit se répercuterait bien plus fortement sur les prix. Au lieu de cela, la signature de la déclaration d’intention en vue d’un accord de paix a fait chuter à nouveau le prix du pétrole, qui n’est plus que légèrement supérieur à son niveau d’avant-guerre. La reprise rapide du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a favorisé cette baisse. Les altercations omniprésentes rappellent néanmoins les risques de revers qui ne sauraient être sous-estimés. La probabilité d’un retour progressif à la normale s’est toutefois considérablement accrue ces derniers temps.

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