Zone euro: la croissance des crédits au secteur privé décélère

AWP

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Les crédits aux entreprises non financières et aux ménages européens ont progressé de 3,7% en février sur un an, après 3,8% en janvier et 3,7% en décembre.

La croissance des crédits accordés par les banques de la zone euro au secteur privé a légèrement décéléré en février, avant même que les effets de la pandémie du coronavirus ne donnent un coup de frein à l’économie, a indiqué jeudi la BCE.

Les crédits aux entreprises non financières et aux ménages européens, ajustés de certaines opérations strictement financières, ont progressé de 3,7% en février sur un an, après 3,8% en janvier et 3,7% en décembre.

Si la croissance des prêts aux entreprises industrielles et commerciales a reculé à 3,0% sur un an, après 3,2% en janvier et en décembre, celle concernant les prêts aux ménages a de nouveau progressé, à 3,8%, après 3,7% en janvier et 3,6% en décembre.

La croissance des prêts à la consommation a notamment progressé de 6,2%, mieux qu’en janvier et décembre.

L’enquête de la BCE a été réalisée avant que l’aggravation exponentielle de l’épidémie du coronavirus n’amène les gouvernements à imposer des restrictions très strictes sur les déplacements et rassemblements. Et ce au risque de donner un énorme coup de frein à l’économie et de créer des tensions sur les liquidités dans les entreprises.

Des pays comme l’Allemagne ont parallèlement déployé des plans de soutien sans précédent de leurs économies et la BCE a décidé courant mars de porter à plus de 1.000 milliards d’euros le volume de ses rachats de dette des Etats et d’entreprises d’ici la fin de l’année.

L’institution gardienne de l’euro espère soulager les banques pour les inciter à maintenir voire relancer leurs prêts aux ménages et entreprises, et ainsi à soutenir la production et l’emploi.

Cette réponse sans précédent donnée par la Banque centrale face à la pandémie va «aider les gouvernements à empêcher que le grave resserrement des liquidités dans l’économie réelle ne se transforme en un dangereux resserrement du crédit», estime Florian Hense, économiste chez Berenberg.

De même, l’allégement aux exigences en capital des banques par le superviseur bancaire fait que «1.800 milliards d’euros de prêts bancaires supplémentaires pourraient être accordés, soit environ 15% des encours de crédits au secteur privé», commente Friederike Köhler-Geib, chef économiste à la KfW.

La croissance de la masse monétaire M3, agrégat utilisé par la BCE comme un indicateur avancé de l’inflation, a de son côté accéléré par rapport à janvier, à 5,5% sur un an, contre 5,2% en janvier.

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