Ville de Genève: déficit de 49,3 millions au projet de budget 2021

AWP

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Selon le maire Sami Kanaan, la nouvelle législature doit digérer la mise en oeuvre de RFFA et la crise due à la pandémie de COVID-19.

Le projet de budget 2021 de la Ville de Genève présente un déficit de 49,3 millions de francs, le maximum légal. Selon le maire Sami Kanaan, la nouvelle législature doit digérer la mise en oeuvre de RFFA et la crise due à la pandémie de COVID-19.

Le nouveau conseil administratif, qui a présenté in corpore ce projet de budget mercredi, a décidé de maintenir toutes les prestations à la population. Il a aussi augmenté l’enveloppe des investissements de 130 à 180 millions de francs afin de favoriser la transition écologique, notamment avec la rénovation énergétique de ses bâtiments, a fait savoir le grand argentier Alfonso Gomez.

En contrepartie, il entend économiser 7,5 millions grâce au blocage des annuités pour 2021, du treizième salaire progressif et de la prime d’ancienneté des fonctionnaires municipaux. Alors que les syndicats dénoncent «des attaques inacceptables des mécanismes salariaux», le maire assume «un choix politique destiné à préserver les prestations.»

Hausse des charges

Pour 2021, le projet de budget prévoit des charges de 1,209 milliard de francs et des revenus nets de 1,169 milliard. Avec le versement de 10 millions supplémentaires du canton pour l’entretien des routes, le déficit est ramené à 39,3 millions. Conséquence de la réforme de la fiscalité des entreprises (RFFA), les revenus fiscaux diminuent de 17,2 millions, dont une baisse de 27,3 millions de ceux liés aux entreprises.

Les charges nettes augmentent de 22,6 millions. Dix nouveaux postes sont prévus au Service d’incendie et de secours, trois au Service des espaces verts, deux à la Voirie et 2,6 pour la médiation de nuit. Ils sont en partie financés par des réallocations internes, a expliqué la conseillère administrative Marie Barbey-Chappuis, en charge du Département de la sécurité et des sports.

«Projet sincère»

L’exécutif espère disposer d’une plus grande marge de manoeuvre en octobre, pour autant que le canton lui communique de nouvelles prévisions fiscales plus favorables. Pour l’heure, il contient le déficit au maximum prévu par la loi sur l’administration des communes, faute de quoi il devrait présenter au Conseil d’Etat un plan de retour à l’équilibre dans un délai de quatre ans.

Ce mécanisme réduirait ainsi sa marge de manoeuvre, contrairement à une demande de crédit complémentaire. Ce qui explique pourquoi le projet de budget 2021 ne tient pas compte du coût lié au maintien des mesures sanitaires. «Ce projet est aussi sincère qu’il peut sincèrement l’être. Les besoins culturels futurs ne sont pas encore chiffrables», justifie Sami Kanaan, en charge de la Culture.

Il en va de même dans le domaine social, où l’enveloppe se monte à 13,5 millions, comme pour 2020. Ce montant ne permettra pas de conserver le second abri PC, nécessaire pour respecter les règles de distanciation, a fait savoir la magistrate Cristina Kitsos. Selon ses collègues, la Ville de Genève envoie ainsi un signal aux autres communes pour qu’elles assurent, elles aussi, l’aide d’urgence.

Le projet de budget 2021 sera traité lundi, lors d’une séance extraordinaire du Conseil municipal, pour son envoi en commission. L’exécutif espère qu’il sera voté à la mi-décembre.

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