Le colosse pharmaceutique Novartis compte se maintenir sur la voie de la croissance cette année, nonobstant la perspective de pertes d’exclusivité sur plusieurs de ses moteurs de ventes et au sortir d’un exercice 2024 plus fructueux encore qu’escompté.
Sur le seul dernier trimestre, le chiffre d’affaires a enflé de 15% à 13,15 milliards de dollars (11,94 milliards de francs). La progression de la rentabilité a, elle, dépassé les ambitions formulées l’automne dernier encore par une direction qui se voit rémunérée en conséquence.
L’excédent d’exploitation avant charges d’intérêts et impôts (Ebit) de base s’est envolé de plus d’un quart à 4,86 milliards, tout comme le bénéfice net apuré de tout exceptionnel à 3,93 milliards.
La performance trimestrielle décoiffe les attentes moyennes des analystes consultés par AWP à tous égards.
Près de 12 milliards de bénéfice annuel
Sur l’ensemble de l’année écoulée, premier exercice complet depuis l’autonomisation en 2023 de la filiale génériques et biosimilaires Sandoz, les recettes ont enflé de 11% à 50,32 milliards et le bénéfice net s’est envolé de 39% à 11,94 milliards.
Le conseil d’administration propose aux actionnaires le versement d’un dividende de 3,50 francs par action, agrémenté de 20 centimes sur un an.
La direction laisse augurer pour l’exercice en cours une nouvelle poussée de croissance hors effets de changes, de 5 à 9%, nonobstant l’arrivée attendue de versions génériques et concurrentes des moteurs de ventes Entresto, Promacta et Tasigna, qui représentaient 11,3 milliards de revenus cumulés en 2024, dès l’été.
Le phénomène implique toutefois un net ralentissement de la croissance entre le premier et le second semestre. L’excédent opérationnel doit progresser de peu ou prou de 10%.
Novartis projette en outre toujours d’afficher à l’horizon 2029 une cadence de croissance annualisée de l’ordre de 5%. La marge opérationnelle ajustée doit dès 2027 franchir la barre de 40%, contre 38,7% en 2024.
Les analystes applaudissent une performance trimestrielle qu’ils n’avaient pas vue venir. Laurent Flamme, à la Banque cantonale de Zurich, n’attendait de surcroît pas un tel niveau de confiance de la direction pour l’exercice entamé.
«Meilleurs que prévu à tous égards,» lâche Stefan Schneider de Vontobel. S’il n’est que partiellement partagé par les observateurs, l’optimisme de la direction pour l’avenir immédiat repose sur une enfilade ininterrompue de trimestres plus que probants, constate l’expert de la banque de gestion zurichoise.
Chez Stifel, Eric Le Berrigaud ne tarit pas non plus d’éloges, tant sur la performance avérée que sur celles escomptées. Si d’aventure Novartis parvenait à se maintenir sur la voie de la croissance en dépit des pertes d’exclusivité agendées cette année, l’analyste considérerait alors plutôt modeste la feuille de route tracée à plus longue échéance.
La nominative Novartis a achevé la séance de la Bourse suisse sur un bond de 1,9% à 95,58 francs, alors que l’indice SMI des vingt valeurs vedettes a clôturé sur un infime repli de 0,06%.