L’or prend de la hauteur vendredi, dopé par le discours très attendu du président de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui a surpris le marché en laissant entendre que les baisses de taux pourraient reprendre.
Une dégradation «rapide» du marché du travail américain n’est pas à exclure et pourrait «justifier» une détente des taux d’intérêt, a prévenu Jerome Powell depuis les rencontres de Jackson Hole, dans le Wyoming (ouest) entre banquiers centraux.
Le marché s’attendait à ce qu’il conserve le ton prudent adopté dans le compte-rendu de la dernière réunion de la Fed de juillet, ou encore par une autre responsable de l’institution la veille.
Dans la foulée, les investisseurs ont donc revu à la hausse leurs anticipations d’une coupe de 0,25 point de pourcentage en septembre, à environ 90% contre un peu plus de 70% en début de séance, d’après l’outil FedWatch, de CME.
«La chute du dollar» qui en a résulté «a permis à l’or de reprendre le dessus», constate Chris Beauchamp, analyste chez IG.
Les deux actifs étant considérés comme des valeurs refuge, les traders ont tendance à favoriser l’or lorsque le billet vert est à la peine.
Le métal jaune s’était échangé cette semaine dans une fourchette restreinte, en attendant ce colloque déterminant et l’évolution des négociations autour de la paix en Ukraine, dont la perspective semble s’éloigner.
Vendredi, vers 15H45 GMT (17H45 à Paris), l’once d’or s’échangeait à Londres à 3371,49 dollars, contre 3336,19 dollars sept jours plus tôt à la clôture.
Le nickel rouille... puis reluit
Le prix du nickel s’est d’abord incliné cette semaine, lesté notamment par les inquiétudes sur la demande chinoise et américaine, avant de remonter vendredi grâce à la chute du dollar, devise dans laquelle il se négocie.
Le nickel a dans un premier temps subi plus nettement encore que les autres métaux industriels «la pression d’un dollar (initialement, ndlr) plus fort, des signaux de demande médiocres de la Chine, des stocks élevés, ainsi que des inquiétudes persistantes sur la façon dont l’économie américaine» résistera aux droits de douane, énumère Ole Hansen, de Saxo Bank.
L’offre de nickel demeure excédentaire alors que les fonderies indonésiennes ont maintenu des niveaux de production élevés, constate le groupe de recherche chinois SMM.
Mais en se montrant ouvert vendredi à de futures baisses de taux pour soutenir l’économie américaine, le patron de la Fed Jerome Powell a soutenu les perspectives positives pour la demande de ce métal, faisant rebondir son cours.
Sur le LME vendredi, la tonne de nickel pour livraison dans trois mois s’échangeait à 15.080 dollars, contre 15.161 dollars à la clôture une semaine plus tôt.
Le cacao en surcharge
Les cours du cacao sont retombés au cours de la semaine, les prix élevés ayant incité les producteurs à vendre et sur le long terme à cultiver davantage, tandis que la demande pourrait être pénalisée par les droits de douane américains.
Les deux marchés, londoniens et new-yorkais, ont connu «des ventes accrues de la part des producteurs profitant de la récente montée des prix», indique Jack Scoville, de Price Futures Group.
En parallèle, «les prévisions de demande étaient en baisse après que l’Association suisse du chocolat a déclaré que les droits de douane de Trump affecteraient les ventes de ses membres aux États-Unis», explique l’analyste.
Les exportations suisses - dont le chocolat - sont en effet sous le coup d’une lourde surtaxe de 39% depuis deux semaines.
Cette analyse conforte celle du rapport du rapport de juillet de l’organisation internationale du cacao (l’ICCO), qui prévoit «une amélioration des récoltes pour la saison 2025/26 et un affaiblissement de la demande».
L’organisme constate que «la production de cacao est en hausse dans la plupart des grands pays producteurs, notamment en Amérique latine», où «les prix élevés du cacao ont relancé l’intérêt pour la culture».
A Londres, la tonne de cacao pour livraison en décembre valait 5.357 livres vendredi, contre 5.551 livres une semaine plus tôt en fin de séance.
A New York, la tonne pour livraison le même mois s’échangeait à 7.816 dollars, contre 8.278 dollars vendredi dernier à la clôture.