L’or a de nouveau battu son record absolu cette semaine, en qualité de valeur refuge face à la politique économique de Donald Trump et aux risques géopolitiques. L’once se rapproche désormais de la barre symbolique des 3'000 dollars.
Son prix, qui a grimpé de près de 12% depuis le début de l’année, a culminé jeudi à son plus haut niveau historique à 2'954,84 dollars.
Le métal jaune, qui ne cesse de grimper depuis mi-décembre, a encore trouvé du soutien avec les «positions de Trump en matière de commerce et de politique étrangère», explique Susannah Streeter, analyste chez Hargreaves Lansdown.
Le président américain a annoncé mardi qu’il prévoyait d’appliquer des droits de douane de près de 25% sur les automobiles importées aux Etats-Unis et d’au moins du même niveau sur les semi-conducteurs ainsi que sur le secteur pharmaceutique.
«Si l’on ajoute à cela l’attitude hostile de Trump à l’égard du président ukrainien Zelensky et sa proximité avec le président russe Poutine, l’or apparaît soudain comme une valeur refuge potentielle, à l’écart des actions américaines», estime David Morrison, analyste chez Trade Nation.
Au moment où se déroulent des discussions à Ryad entre les Etats-Unis et la Russie sur le règlement du conflit en Ukraine, Donald Trump a en effet qualifié mercredi Volodymyr Zelensky de «dictateur sans élections», un durcissement de ses attaques contre celui qu’il avait accusé la veille d’être à l’origine de la guerre.
Par ailleurs, depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, l’engouement des banques centrales pour l’or a fortement augmenté, ce qui permet un soutien structurel du métal précieux.
Vendredi, vers 14h00 à Paris, l’once d’or se négocie à 2'930,16 dollars, contre 2'882,53 dollars sept jours plus tôt à la clôture.
L’aluminium grimpe
Les pays de l’UE sont convenus mercredi d’une nouvelle série de sanctions contre la Russie, le bloc cherchant à maintenir la pression face aux négociations entre les Washington et Moscou.
Ce vaste paquet, qui comprend une interdiction des importations d’aluminium russe, sera officiellement adopté par les ministres des Affaires étrangères de l’UE lundi, troisième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par le Kremlin.
Les importations russes de ce métal vers Europe sont «nettement inférieures» à celles d’avant l’invasion en Ukraine, mais représentent toujours 6%, ce qui n’est «pas négligeable», souligne Barbara Lambrecht, analyste de Commerzbank.
Donald Trump a par ailleurs annoncé des droits de douane sur l’aluminium et l’acier à compter du 12 mars prochain.
Si à long terme la hausse des taxes sur ces métaux est un facteur de baisse de la demande, à court terme, elle a fait bondir l’intérêt des acheteurs américains.
Ces derniers «augmentent leurs importations afin de se prémunir avant l’entrée en vigueur des droits de douane», explique à l’AFP Andy Farida, analyste à Fastmarkets.
Sur le LME, une tonne de métal d’aluminium coûte 2.694 dollars vendredi, contre 2.557 dollars sept jours plus tôt à la clôture.
Le café refroidit
Les cours du café ont faibli cette semaine, cessant enfin de battre record sur record, en raison d’un prix devenu prohibitif pour les acheteurs et d’une spéculation renforcée.
À ces niveaux de prix, «la spéculation prend le dessus, du moins jusqu’à ce que nous commencions à constater une augmentation de la quantité de café» présente dans les réserves surveillées par l’ICE, précise Carlos Mera, analyste de Rabobank.
Le prix du café pourrait décliner légèrement en 2025 en raison «d’une diminution de la demande» liée aux prix record, estime quant à lui Nguyen Hoang de KAI Farm.
Sur l’ICE Futures US de New York, la livre d’arabica pour livraison en mars valait 393,05 cents, contre 407,40 cents sept jours auparavant.
Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison le même mois s’échange légèrement plus bas, mais reste proche de son record de la semaine dernière, à 5'668 dollars contre 5'726 dollars une semaine plus tôt à la clôture.