Le dollar recule fortement mardi, en particulier par rapport à la monnaie unique européenne, plombé notamment par les craintes sur l’état de santé de l’économie américaine.
Vers 18H16 GMT, le billet vert lâchait 1% vis-à-vis de l’euro, à 1,0944 dollar, au plus bas depuis mi-octobre. Vers 18H50 GMT, il baissait de 0,85%.
«Généralement, un mouvement aussi brusque se produit à cause d’un effet ciseaux», estime auprès de l’AFP Marc Chandler, de Bannockburn Global Forex.
En premier lieu, «la croissance fait peur aux États-Unis», explique-t-il.
Les cambistes craignent notamment l’impact économique des droits de douane imposés ou brandis comme menace par Donald Trump ces dernières semaines contre plusieurs pays, tels que la Chine, le Mexique ou le Canada.
Donald Trump a d’ailleurs redoublé d’agressivité commerciale mardi contre Ottawa, annonçant entre autres choses qu’il doublait à 50%, contre 25% auparavant, les droits de douane sur l’acier et l’aluminium canadiens, devant entrer en vigueur mercredi. Les autorités canadiennes ont promis de répliquer à toute surenchère de droits de douane.
Ces inquiétudes sur l’activité économique américaine sont aussi exacerbées depuis que le président américain est resté très flou lorsqu’une journaliste de Fox News lui a demandé dimanche s’il s’attendait à une récession aux Etats-Unis, avouant plutôt prévoir «une période de transition».
Parallèlement, les monnaies européennes se sont envolées, bénéficiant «au cours de la semaine écoulée, du choc positif pour la croissance en Europe» des annonces d’investissements dans la défense, selon Lee Hardman, analyste chez MUFG.
«Le temps des illusions est révolu» et l’Union européenne doit augmenter significativement ses dépenses d’armement, a affirmé mardi à Strasbourg la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
La hausse de la monnaie unique, ainsi que des autres monnaies de l’UE se poursuit dans la foulée de la présentation du plan de la Commission européenne pour «réarmer l’Europe» qui doit permettre de mobiliser quelque 800 milliards d’euros sur quatre ans.
«Les pays européens, sous l’impulsion de l’Allemagne, ont jeté leur discipline budgétaire par la fenêtre», affirme Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote, permettant aux monnaies de l’Union européenne de s’apprécier fortement avec l’attente d’une croissance plus forte.