L'édition 2026 de La Rentrée de la Prévoyance confirme son rôle d'espace de réflexion et de dialogue en Suisse romande consacré aux grands défis de la prévoyance. Organisée par Point de mire avec le soutien de ses partenaires, cette troisième édition a réuni plus de 150 représentants et représentantes des institutions de prévoyance, autorités, banques, gestionnaires d'actifs, consultants, experts agréés, entreprises et prestataires spécialisés autour d'une même ambition: réfléchir collectivement au financement durable du deuxième pilier face aux défis structurels et démographiques.
Placée sous le thème «Le financement de la prévoyance professionnelle face aux défis structurels et démographiques», cette édition s'est inscrite dans le prolongement du dossier de fond publié par Point de mire, «Tenir les promesses du deuxième pilier», consacré aux enjeux qui façonneront l'avenir de la prévoyance professionnelle en Suisse.
En réunissant des intervenants issus d'horizons complémentaires et des acteurs représentant l'ensemble de l'écosystème de la prévoyance, La Rentrée de la Prévoyance affirme sa vocation: offrir un espace de réflexion et de dialogue où peuvent se croiser les regards, confronter les expériences et faire émerger des pistes d'évolution face aux transformations démographiques, économiques et financières qui redessinent progressivement le paysage de la prévoyance suisse.
Plus de cent cinquante participantes et participants se sont ainsi retrouvés à Lausanne, sur le site de Plateforme 10, à l'invitation de Point de mire, avec le soutien de la BCV, Edmond de Rothschild (Suisse), lemania-pension, Mirabaud Asset Management, PensExpert, Realstone et la Banque Syz.
En ouverture de la rencontre, Francis Bouvier, responsable de la Prévoyance professionnelle à la BCV, et Pablo Astengo, responsable des solutions de prévoyance à la Banque Syz, sont revenus sur les fondements du système suisse des trois piliers ainsi que sur son évolution depuis son introduction. Leur intervention a rappelé que la prévoyance demeure avant tout un projet collectif dont les équilibres doivent continuellement évoluer pour répondre aux mutations démographiques, économiques et sociétales. «La prévoyance professionnelle n'est pas directement confrontée au défi démographique comme l'AVS. Son principal enjeu consiste à adapter en permanence ses équilibres actuariels à une espérance de vie qui s'allonge, à des marchés financiers plus exigeants et à un environnement économique en constante évolution. Préserver le niveau des prestations suppose d'anticiper ces évolutions plutôt que de les subir», a indiqué Francis Bouvier, responsable de la Prévoyance professionnelle, BCV. «La question n'est plus de savoir si la prévoyance professionnelle va continuer à s'individualiser. Cette évolution est déjà en marche. Le véritable débat porte désormais sur les limites à fixer afin de préserver les fondements solidaires du deuxième pilier», a renchéri Pablo Astengo.
La manifestation a également accueilli François Braun, responsable de division à la Fondation institution supplétive LPP, dont la présence illustre la volonté de La Rentrée de la Prévoyance de réunir chaque année les institutions qui jouent un rôle déterminant dans le fonctionnement du système suisse de prévoyance. Occupant une position unique dans le deuxième pilier, la Fondation institution supplétive LPP assure les missions qui lui sont confiées par la loi auprès des employeurs ne disposant pas d'une solution de prévoyance, gère un nombre important de comptes de libre passage et accompagne des situations qui échappent aux circuits traditionnels du marché.
Les échanges se sont poursuivis autour du rôle des investissements réels dans les portefeuilles des institutions de prévoyance. Julian Reymond, CEO de Realstone, a présenté le mécanisme de l'apport en nature («swap»), permettant notamment à une caisse de pension d'échanger un immeuble contre des parts d'un fonds immobilier ou d'une fondation immobilière, tout en conservant une exposition au marché immobilier au sein d'un portefeuille désormais diversifié.
Animée par Anne Gaudard (BCV), la table ronde a réuni Aldo Ferrari (Fondation Ethos et Fondation institution supplétive LPP), Vincent Kaufmann (Fondation Ethos), Sébastien Gyger (BCV) et Serge Ledermann (1959 Advisors). Les discussions ont mis en évidence une conviction largement partagée: garantir durablement les promesses du deuxième pilier implique de renforcer la résilience financière des institutions de prévoyance, d'adapter leur gouvernance et de développer des stratégies d'investissement capables d'accompagner les défis structurels de long terme.
Au-delà des enjeux financiers, les échanges ont également souligné l’importance de mieux accompagner les assurés dans la compréhension de leur prévoyance. «Un assuré bien informé est également un assuré plus autonome, capable de prendre des décisions éclairées tout au long de sa carrière», a indiqué Pasquale Zarra, CEO, lemania-pension.
Tout au long de la soirée, Roxane Ecoffey, vice-présidente du Conseil de lemania-pension, et Julia Gibert, responsable de la prévoyance auprès d'Edmond de Rothschild (Suisse) SA, ont animé les échanges entre les intervenants et le public.
En conclusion, Julia Gibert a rappelé que: «Le système de prévoyance représente l’un des principaux défis économiques et sociétaux des prochaines décennies. Il concerne chacun d’entre nous et conditionne une part essentielle de notre niveau de vie à la retraite. Pour préserver sa pérennité, il doit continuer à s’adapter aux évolutions démographiques, économique et sociales. La richesse des échanges de cette édition démontre que les acteurs de la branche partagent cette ambition commune: dépasser le constat pour construire ensemble des solutions concrètes, durables et responsables.»
Avec cette troisième édition, La Rentrée de la Prévoyance confirme son statut de rendez-vous de référence en Suisse romande consacré aux grands défis de la prévoyance. Après avoir accueilli, lors de ses précédentes éditions, le président de compenswiss puis la directrice de la Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle (CHS PP), elle poursuit son développement en réunissant cette année la Fondation institution supplétive LPP aux côtés des principaux acteurs de la branche.