Poussé par l’escalade de tensions entre Israël et le Hamas et les incertitudes géopolitiques et économiques mondiales, l’or va de record en record et a atteint mardi un nouveau plus haut, bénéficiant de son statut de valeur dite «refuge».
L’once d’or a grimpé mardi jusqu’à un sommet historique de 3038,33 dollars, dépassant son record de vendredi dernier. Vers 19H00 GMT, elle s’échangeait au prix de 3035,66 dollars.
Israël a annoncé mardi son intention de poursuivre dans les prochains jours ses frappes sur Gaza, après des bombardements intenses qui ont tué plus de 400 Palestiniens selon le Hamas et suscité des condamnations internationales.
«Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que ces frappes avaient été entreprises en réponse au refus du Hamas de modifier l’accord de cessez-le-feu et de libérer les otages restants, et le pétrole et l’or ont tous deux bondi en réaction» à ces propos, ont écrit les analystes de Monex USA.
Le prix de l’or est aussi tiré «par le haut niveau d’incertitude causé par l’imprévisibilité du président américain (Donald) Trump», a estimé dans une note Carsten Fristsch, de Commerzbank.
«Cela concerne ses décisions erratiques sur les droits de douane, sa politique intérieure avec des actions contre diverses agences et sa politique étrangère et de sécurité», a-t-il ajouté.
Vladimir Poutine et Donald Trump se sont accordés mardi sur une trêve limitée aux infrastructures énergétiques mais leur conversation téléphonique très attendue s’est conclue sans percée majeure en vue d’un véritable accord de cessez-le-feu entre la Russie et l’Ukraine.
Le dollar connaît lui une trajectoire contraire à l’or.
Le billet vert s’affaiblit encore mardi, lâchant 0,19% face à l’euro à 1,0943 dollar, après avoir touché un plus bas depuis octobre face à la monnaie unique européenne, à 1,0955 dollar.
La devise américaine reflue également de 0,09% face à la livre, à 1,3003 dollar, évoluant à ses plus bas niveaux depuis novembre.
Pour Marc Chandler, de Bannockburn Global Forex, les investisseurs européens, qui étaient très présents sur les actifs américains en 2024, «se débarrassent aujourd’hui de leurs actions américaines et dollars» en réponse au haut degré d’incertitude entourant les décisions de l’administration Trump.
Mais, «il n’y a pas que de mauvaises choses aux États-Unis, il y a aussi de bonnes choses en Europe», ajoute M. Chandler, ce qui cause un effet ciseaux.
Les actifs européens sont notamment tirés par le plan d’investissements massif du futur chancelier allemand Friedrich Merz, pour réarmer et moderniser le pays, qui a reçu mardi le feu vert des députés.