L’OMC doit être plus réactive si elle veut survivre, selon Roberto Azevedo

AWP

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Le directeur sortant de l’Organisation mondiale du commerce conseille à son successeur d’être «prêt à tout».

Le directeur général sortant de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) Roberto Azevedo a estimé jeudi que l’institution, attaquée par Washington et confrontée à une «énorme pression», devait faire preuve de plus de réactivité face aux crises pour retrouver sa crédibilité.

«Un conseil que je donnerais à mon successeur serait: 'Soyez prêt à tout'», a lancé le Brésilien lors de sa dernière conférence de presse avant son départ pour «raisons familiales» fin août, un an avant la fin de son mandat.

«Les choses peuvent changer en une seconde. Cela peut être un événement politique, un grand désastre, un virus venu d’on ne sait où... et tout à coup nous faisons face à la plus grande récession en temps de paix de l’histoire récente», a-t-il poursuivi, alors que la pandémie de COVID-19 a plongé le monde dans la crise.

«L’OMC pour survivre, comme toute organisation internationale de nos jours, doit être en mesure de réagir rapidement et efficacement» a-t-il dit, soulignant que le temps était un «luxe» qui n’existait plus.

«Les négociations commerciales prennent beaucoup de temps, mais nous devons être plus rapides, nous devons être capables de réagir», a insisté M. Azevedo, qui a pris les rênes de l’organisation le 1er septembre 2013.

Il a toutefois reconnu que le gendarme du commerce international faisait face à une «pression énorme».

Des pays européens, ainsi que le Canada et les Etats-Unis, demandent une refonte de l’organisation, estimant qu’elle ne répond pas de manière appropriée aux distorsions commerciales causées en particulier par la Chine.

Ils souhaitent aussi que soit redynamisé le mécanisme de négociation de l’OMC et réclament une plus grande transparence des politiques commerciales des 164 membres de l’organisation.

En outre, l’administration américaine de Donald Trump a aussi paralysé l’Organe d’appel du mécanisme de règlement des différends, en bloquant la nomination de nouveaux juges dans le groupe spécial d’appel.

Face à ces multiples critiques, M. Azevedo a mis en garde:

«Je ne crois pas qu’une réforme 'Big Bang' soit la voie à suivre», a répliqué le Brésilien.

Souriant, il s’est dit «globalement très satisfait» de ses deux mandats, s’attribuant même avec une note d’humour la note de «12 sur 10».

Le processus de sélection du successeur de M. Azevedo est en cours et devrait se prolonger jusqu’à l’automne. Huit candidats sont en lice.

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