L’envolée soudaine du yen suscite des spéculations d’intervention du Japon

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Vers 17h15, la monnaie japonaise bondit de 2,47% à 159,46 yens pour un dollar, après s’être envolée de plus de 3,4%.

Le yen s’envole jeudi face au dollar sans raison apparente, suscitant des spéculations d’une nouvelle intervention du Japon sur le marché des changes afin de soutenir la devise nationale.

Vers 15H15 GMT (17H15 heure de Paris), la monnaie japonaise grimpait de 2,47% à 159,46 yens pour un dollar, après s’être envolée de plus de 3,4%.

La semaine dernière encore, le yen était tombé à son plus bas niveau depuis 40 ans face au billet vert en raison de la divergence entre les taux d’intérêts américains, qui pourraient encore remonter cette année, et japonais, toujours très bas.

Les responsables monétaires japonais «voulaient certainement intervenir» avant que la Banque du Japon (BoJ) rende sa décision de politique monétaire vendredi matin, pour susciter «un double effet», estime John Plassard, de Cité Gestion, interrogé par l’AFP.

Si un statu quo est largement attendu, les analystes envisagent que la banque centrale japonaise durcisse le ton. Le Japon est en effet extrêmement dépendant de ses importations d’hydrocarbures, dont le cours a flambé avec la guerre au Moyen-Orient, faisant peser des risques en matière d’inflation, mais aussi sur l’économie du pays.

Si la faiblesse du yen profitait autrefois aux entreprises japonaises exportatrices, comme les constructeurs automobiles, «on estime aujourd’hui qu’environ 40% de l’indice vedette japonais Nikkei est composé de sociétés dans la tech et l’IA», qui ne bénéficient pas d’exportations plus abordables, souligne M. Plassard.

Plombé par la remontée du yen, le billet vert perdait 0,31% face à la monnaie unique européenne, à 1,1503 dollar pour un euro, et 0,42% face à la devise britannique, à 1,3428 dollar pour une livre.

Mercredi soir, le dollar avait dérapé en raison du choix de la Réserve fédérale américaine (Fed) de garder ses taux inchangés dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%, pour la cinquième fois d’affilée, malgré une inflation élevée.

Une majorité des investisseurs s’attendait à ce statu quo mais le marché s’était montré inhabituellement divisé.

La conférence de presse «était un peu déroutante», en raison des déclarations du nouveau patron de la Fed Kevin Warsh perçues comme assez floues, laissant croire «que la Fed ne serait pas aussi dure dans sa lutte contre l’inflation qu’on l’avait initialement pensé», affirme Chris Turner, analyste à ING.

Confortant cette décision de la Fed ne pas remonter ses taux, la progression des prix aux États-Unis a marqué le pas en juin, l’indice PCE s’affichant jeudi comme prévu à 3,7% sur un an.

La Banque d’Angleterre (BoE) a de son côté maintenu sans surprise jeudi son taux directeur à 3,75%, niveau auquel il est figé depuis décembre, mais alerté sur le risque posé par une nouvelle escalade des hostilités au Moyen-Orient.

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