Italie: un déficit réduit à 2,2% du PIB ne suffira pas

AWP

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Le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a jugé nécessaire que Rome prenne des mesures «concrètes, tangibles».

Une réduction du déficit budgétaire italien de 2,4% à 2,2% du PIB, comme évoquée par certains responsables à Rome, ne suffira pas pour éviter des sanctions européennes, a estimé le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis.

Relevant que l’actuel projet de budget du gouvernement populiste pour 2019 est «très largement» en-dehors des clous européens, M. Dombrovskis a jugé nécessaire que Rome prenne des mesures «concrètes, tangibles», dans une interview publiée mercredi par le quotidien La Stampa.

«Il faut une correction substantielle» de ce projet de budget, a répondu M. Dombrovskis au journaliste qui lui demandait: «pensez-vous qu’un déficit à 2,2% puisse être la solution?».

«Alors une retouche de 0,2% n’est donc pas suffisante?», a insisté le journaliste, le vice-président de la Commission répondant: «il semble vraiment que non».

Le chiffre de 2,2% circule depuis quelques jours dans la presse, mais n’a pas été confirmé officiellement par le gouvernement.

Dimanche, Matteo Salvini, le leader de la Ligue (extrême droite), un des deux partis au pouvoir avec le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisytème), avait simplement indiqué que l’essentiel était d’avoir un budget «qui fasse croître le pays» --alors que l’Italie affiche une croissance exsangue-- et que le déficit pouvait donc être «de 2,2 ou 2,6».

Interrogé sur ce chiffre lundi, le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte avait indiqué que le gouvernement ne parlait pas encore de chiffres précis, attendant pour ce faire des analyses techniques.

La Commission européenne a rejeté le 23 octobre le projet de budget italien, qui prévoit officiellement un déficit à 2,4% du PIB.

Rome, qui semblait inflexible jusqu’au dîner de samedi soir à Bruxelles réunissant le président de la Commission Jean-Claude Juncker et Giuseppe Conte avec leurs plus proches collaborateurs, a depuis montré des signes d’ouverture.

«Si durant la négociation (avec Bruxelles) le déficit doit diminuer un peu, pour nous, cela n’est pas important», a ainsi déclaré lundi Luigi Di Maio, le leader du M5S.

La menace plane

Il y a une semaine, la Commission a ouvert la voie à des sanctions contre Rome, estimant «justifiée» l’ouverture d’une «procédure de déficit excessif» fondée sur la dette.

La décision d’ouvrir officiellement cette procédure pourrait intervenir dès le 19 décembre, selon une source européenne, qui précise cependant que «rien n’est confirmé» car la Commission attend encore l’avis des États membres sur son analyse concernant la situation de l’Italie.

Les Etats membres devront ensuite endosser cette procédure début 2019. La mise en oeuvre éventuelle des sanctions ne devrait intervenir cependant qu’après les élections européennes voire à l’été, si l’Italie ne se conforme toujours pas aux règles européennes, selon une autre source européenne.

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