BCE & Italie: un duo aux enjeux cruciaux

Lionel Melin, Lyxor

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Des mesures accommodantes supplémentaires sont-elles possibles? Oui, mais seulement en dernier recours.

Points clés:

La BCE va maintenir son stock d’obligations acheté au titre de l’assouplissement quantitatif («QE»),

  • d'une part pour contenir les taux souverains,
  • d'autre part, pour laisser le temps à la dynamique de crédit de s'accélérer grâce aux réserves excédentaires des banques de l'Eurozone, qui s'élèvent à 1'800 milliards d'euros.

Des mesures accommodantes supplémentaires sont-elles possibles? Oui, mais seulement en dernier recours si la croissance s’étiole, car elles officialiseraient les difficultés de la relance. Quelles options d'extension néanmoins?

  • Un autre cycle d'assouplissement quantitatif semble compliqué à négocier car le seuil de détention maximum (d’obligations allemandes) est déjà atteint.
  • Allongement de la maturité du portefeuille: automatique à la marge lorsque des obligations arrivant à échéance sont réinvesties.
  • Arrivée à échéance dès mi-2020 des TLTRO (Targeted Long Term Refinancing Operations): 15% du bilan de la BCE, et banques italiennes fortement dépendantes. L’objectif de maintien de l’infusion monétaire rend probable l’annonce d’un nouveau programme dans les mois à venir.

De nouvelles TLTRO pourraient être présentées comme une mesure accommodante, alors que les marchés intègrent déjà des taux directeurs quasi inchangés et un prochain président de la BCE monétairement conciliant. En contre-point, avec la progression attendue de l’inflation en 2019 les risques semblent haussiers sur les taux du Bund 10 ans. Nous avons une vue sous-pondérée sur les obligations souveraines à long terme de l'Eurozone et préférons des durations plus courtes.