Italie: l’association des banques s’alarme après le budget

AWP

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«La hausse du spread détériore les perspectives concernant les équilibres des comptes publics», a affirmé le président de l’Abi, Antonio Patuelli.

L’association italienne des banques (Abi) s’est inquiétée vendredi de la montée du «spread», l’écart très surveillé entre les taux d’intérêt allemands et italiens, appelant à une «discussion constructive» entre autorités italiennes et européennes sur le budget.

«La hausse du spread détériore les perspectives concernant les équilibres des comptes publics et complique les activités productives et les investissements des familles et des entreprises», a affirmé le président de l’Abi, Antonio Patuelli, dans un communiqué.

Le spread a atteint 340 points vendredi, soit son plus haut niveau depuis cinq ans, avant de se replier à 329 points. Il tournait autour de seulement 150 points en mai.

«On ne peut pas rester indifférent devant une ultérieure hausse du spread et on ne doit pas s’habituer à ce qui reporterait l’Italie en arrière en termes de croissance», a ajouté M. Patuelli.

En conséquence, «nous espérons une discussion plus constructive entre les autorités italiennes et européennes afin de dépasser ce climat dommageable pour l’économie», a-t-il conclu.

L’inquiétude grandit sur les marchés après l’annonce d’un budget italien pour 2019 prévoyant un déficit public à 2,4% du Produit intérieur brut (PIB), jugé «hors des clous» par la Commission européenne.

Vers 13H00 (11H00 GMT), la Bourse de Milan perdait 1,33% à 18.834 points, tirée vers le bas par les banques. Ubi Banca cédait 5,46% à 2,719 euros, Banco BPM 5,13% à 1,66 euros, UniCredit 4,05% à 11,17 euros et Banca Generali 4% à 18,94 euros.

L’agence Fitch, qui a placé en septembre sous perspective négative les notes à long terme d’Intesa Sanpaolo, UniCredit, Credem, Mediobanca, a souligné qu’il était probable qu’elles soient baissées en cas de dégradation de la notation de la dette souveraine italienne.

Les notes des autres banques italiennes pourraient être elles «sous pression si le climat économique devait se dégrader et avoir un impact sur la qualité de leur portefeuille de prêts», a ajouté Fitch.

«La combinaison de ces deux facteurs pourrait rendre les niveaux de capitalisation des banques moins adéquats avec les risques croissants», note l’agence, en soulignant que «la majeure partie des banques italiennes a encore une exposition directe significative à la dette souveraine italienne».

L’Italie attend le 26 octobre le verdict de l’agence Standard & Poor’s, qui pourrait abaisser sa perspective sur la dette souveraine, tandis que Moody’s doit se prononcer avant le 31 octobre, avec une probabilité de dégradation encore plus forte, puisque l’agence avait déjà placé en mai la note de l’Italie sous surveillance.