GB: la Banque d'Angleterre augmente ses rachats d'actifs

AWP

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La BoE a publié sa décision alors que le Royaume-Uni entame jeudi un deuxième confinement d’un mois.

La Banque d’Angleterre (BoE) a maintenu son taux d’intérêt directeur mais a musclé son programme de rachat d’actifs pour doper l’économie britannique, frappée de plein fouet par la pandémie de Covid-19.

L’institut monétaire, qui se montre plus pessimiste sur ses prévisions de croissance en 2020 et 2021 que lors de ses dernières prévisions, notamment à cause des mesures de reconfinement à travers le Royaume-Uni, met 150 milliards de livres sterling de plus sur la table, pour un montant total de 895 milliards de livres.

La BoE a publié sa décision jeudi au moment où l’Angleterre entame un second «lockdown» d’un mois jeudi, emboitant notamment le pas au pays de Galles.

Ce nouveau coup de frein à l’activité intervient alors que l’économie britannique se remettait déjà difficilement du premier confinement, poussant les économistes de la Banque à revoir à la baisse leurs prévisions de croissance.

«Les perspectives économiques sont particulièrement troubles» en raison de la pandémie, mais également des négociations en cours entre l’Union européenne et le Royaume-Uni sur un accord commercial post-Brexit, argumente la BoE.

Les négociations, qui se poursuivent depuis plusieurs mois, n’ont pas permis de se rapprocher d’un accord, renforçant la menace d’un «no deal» aux conséquences potentiellement dévastatrices. «De très graves divergences subsistent», a prévenu mercredi le négociateur européen Michel Bernier.

La récession de 2020 fera, selon la BoE, baisser le PIB de 11%, là où elle prévoyait une chute de 9,5% dans ses précédentes prévisions, et le rebond de 2021 n’atteindra que 7,25%, contre 9% prévu initialement.

«Depuis la dernière réunion du Comité de politique monétaire (MPC), il y a eu une accélération du taux d’infections au Covid-19» qui «pèse sur les dépenses à court terme plus fortement que nous ne l’estimions en août», lors des dernières prévisions de la Banque, écrit-elle.

Le taux d’intérêt, fixé à un plancher historique, 0,1%, au début de la pandémie, n’a pas été modifié en novembre. La BoE avait demandé après sa réunion de septembre aux établissements financiers de les informer des implications opérationnelles qu’aurait un taux négatif sur leurs activités.

Mais cette réflexion n’était «pas une indication que le MPC va utiliser un taux d’intérêt à zéro ou négatif», avait pris la peine de préciser Sam Woods, directeur général de l’Autorité prudentielle de régulation (PRA) de l’institut monétaire en sollicitant les banques, qui ont jusqu’au 12 novembre pour répondre.

En fixant un taux directeur négatif, les banques centrales font payer les banques pour leurs dépôts, afin d’encourager les prêts aux entreprises ou particuliers et de stimuler l’inflation.

Selon le Bureau national des statistiques (ONS), l’inflation au Royaume-Uni a atteint 0,5% en septembre sur un an, alors qu’elle évoluait autour de 2% en 2019 et début 2020.

«Annoncer de nouveaux rachats d’actifs maintenant devrait soutenir l’économie et aider à s’assurer que le ralentissement inévitable à court terme de l’activité ne sera pas amplifié par un environnement monétaire en contraction», détaille l’institution.

Si les marchés financiers tablaient sur une augmentation du programme de rachats d’actifs, ils misaient en moyenne sur un montant moins élevé de 100 milliards de livres sterling.

Jeudi matin, la monnaie britannique gagnait du terrain face aux autres grandes monnaies (+0,24% face au dollar, +0,12% face à l’euro vers 07H45 GMT).

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