Brexit: l’UE appelle Londres à renoncer à toute «tactique de négociation»

AWP

1 minutes de lecture

«Le Royaume-Uni a maintenant un choix important à faire concernant son propre avenir», a déclaré le président du Conseil européen, Charles Michel.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a appelé mercredi le Royaume-Uni à renoncer à toute «tactique de négociation» dans les discussions sur la relation commerciale post-Brexit, actuellement dans l’impasse, alors que le temps presse.

«Le Royaume-Uni a maintenant un choix important à faire concernant son propre avenir. Il ne s’agit pas de choisir une tactique de négociation. Il s’agit de choisir le modèle de société et le modèle d’économie pour leur propre avenir», a-t-il déclaré devant le Parlement européen.

Il a reproché à Londres de vouloir accéder au marché unique européen «tout en étant capable de s’écarter de nos normes et réglementations, quand cela lui convient».

Mais «on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre, et le sourire de la crémière», a-t-il lancé.

Alors que les négociations sont plus enlisées que jamais, Londres et Bruxelles sont engagés depuis plusieurs jours dans une partie de ping pong, s’appelant mutuellement à faire un pas l’un vers l’autre pour les débloquer.

Les Britanniques réclament un «changement fondamental d’approche de l’UE», en particulier l’assurance que les Européens sont eux aussi prêts à faire des concessions pour voir la discussion aboutir, ce que ces derniers ne cessent de répéter depuis jeudi dernier.

«Il va de soi, évidemment, que tout accord international implique des contraintes entre les deux parties, mutuellement acceptées», a encore déclaré mercredi le négociateur de l’UE, Michel Barnier, devant les eurodéputés.

«Malgré les difficultés, un accord est à notre portée si nous sommes, des deux côtés, prêts à travailler constructivement (...) dans les prochains jours» car «le temps est très limité», a-t-il ajouté.

Déjà difficiles, les discussions post-Brexit se sont envenimées jeudi dernier quand l’UE a exigé des concessions de Londres pour arriver à un accord de libre-échange à temps pour l’appliquer l’année prochaine, quand les règles européennes cesseront de concerner le Royaume-Uni.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a alors déclaré les pourparlers «terminés» et demandé à son pays de se préparer à un «no deal», une perspective potentiellement dévastatrice pour des économies déjà ébranlées par la pandémie de Covid-19.

Paris a déjà assuré, par la voix de son secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Clément Beaune, que les Vingt-sept ne changeraient pas «d’approche», mais restaient «prêts» à négocier.

Les discussions butent toujours sur trois sujets: l’accès des Européens aux poissonneuses eaux britanniques, les garanties réclamées à Londres en matière de concurrence, et la manière de régler les différends dans le futur accord.

A lire aussi...