Pétrole-US: le coup de frein des raffineries fait bondir les stocks

AWP

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Lors de la semaine achevée le 11 octobre, les réserves ont augmenté de 9,3 millions de barils, là où les analystes anticipaient une hausse de 3 millions de barils.

Les stocks de pétrole brut ont bondi la semaine dernière aux Etats-Unis, les raffineries ayant fortement ralenti leur cadence au moment même où la production est à un niveau record, selon l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA) jeudi.

Lors de la semaine achevée le 11 octobre, les réserves commerciales de brut ont augmenté de 9,3 millions de barils pour s’établir à 434,9 millions là où les analystes interrogés par Bloomberg anticipaient une hausse de 3 millions de barils.

Cette hausse «spectaculaire» a été «alimentée par la chute du taux d’utilisation des raffineries à son plus bas niveau depuis le passage de l’ouragan Harvey en septembre 2017», remarque Matt Smith de ClipperData. Les intempéries avaient à l’époque forcé de nombreuses raffineries situées sur la côte du Golfe du Mexique à suspendre leurs opérations pendant plusieurs jours.

Les raffineries sont actuellement en pleine saison de maintenance et leur activité a encore ralenti: elles ont fonctionné à 83,1% de leurs capacités, contre 85,7% la semaine dernière et près de 95% début septembre.

Or dans le même temps, les Etats-Unis n’ont cessé d’augmenter leurs extractions de brut pour atteindre un niveau inédit au cours des deux dernières semaines, à 12,6 millions de barils par jour (mbj) en moyenne.

«Le 1,3 million de barils des réserves stratégiques relâchés par le gouvernement américain n’ont fait que remuer le couteau dans la plaie», souligne Matt Smith.

En revanche, ajoute-t-il, «la baisse d’activité des raffineries a contribué à une forte baisse des stocks d’essence et de produits distillés, un élément salvateur pour les investisseurs pariant sur une hausse des cours du pétrole».

Les réserves d’essence ont en effet reculé de 2,6 millions de barils, soit un peu plus que la baisse de 1,5 million de barils anticipée par les analystes.

Les stocks d’autres produits distillés (fioul de chauffage et gazole) ont, pour leur part, reculé de 3,8 millions de barils, soit plus que le recul de 2,5 millions prévu.

Le prix du baril WTI coté à New York est resté sur la même tendance après la publication du rapport, reculant vers 15H30 GMT de 35 cents, à 53,01 dollars.

Les investisseurs s’étaient déjà plus ou moins positionnés puisque la fédération professionnelle API avait fait part mercredi soir, selon plusieurs analystes, d’une hausse encore plus prononcée des stocks de brut.

Les importations ont pour leur part légèrement progressé, à 6,30 mbj contre 6,22 mbj la semaine précédente, tandis que les exportations ont un peu reculé, à 3,25 mbj contre 3,40 mbj la semaine précédente.

Egalement scrutés puisqu’ils servent de référence à la cotation du pétrole à New York, les stocks de brut WTI du terminal de Cushing (Oklahoma, sud) ont, eux, augmenté de 1,3 million de barils, à 43,0 millions de barils.

La demande en énergie reste de son côté solide: au cours des quatre précédentes semaines, les Etats-Unis ont au total consommé en moyenne 21,1 mbj de produits raffinés, en hausse de 5,4% par rapport à la même période l’an dernier.

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