Marchés européens: regain d’incertitude après une nouvelle offensive douanière de Trump

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Paris perd 0,92%, Francfort 0,82%, Londres cède 0,38% et Milan 1,11%. A Zurich, le SMI abandonne 1,60%.

Les Bourses reculent vendredi face à un durcissement de ton de Donald Trump sur sa politique commerciale, les investisseurs craignant que les droits de douane puissent faire grimper l’inflation et retarder les baisses de taux de la banque centrale américaine (Fed).

A Wall Street, vers 16h05 GMT, l’indice élargi S&P 500 perdait 0,37%, le Nasdaq 0,10% et le Dow Jones 0,76%.

En Europe, la Bourse de Paris a perdu 0,92%, Francfort 0,82%, Londres a cédé 0,38% et Milan 1,11%. A Zurich, le SMI a abandonné 1,60%.

«Jusqu’à présent, les marchés s’étaient bien comportés pour trois raisons: des données économiques restées très correctes, l’anticipation que l’impact de la politique commerciale de Trump sera modéré et transitoire et qu’elle n’empêchera pas la Fed d’abaisser ses taux, et dernier argument, un Donald Trump modéré», explique Valentine Ainouz, responsable de la stratégie taux de l’Amundi Investment Institute.

Or, «les dernières annonces de Trump remettent en question ce dernier point et laissent craindre un scénario inflationniste plus fort que prévu et qui viendrait gêner la Fed dans ses baisses de taux», a-t-elle poursuivi.

Le président américain Donald Trump a de nouveau ciblé jeudi le Canada, en lui imposant 35% de surtaxe, l’un des taux les plus élevés annoncés depuis le début de la semaine, reprochant au premier partenaire commercial des Etats-Unis d’avoir riposté à ses droits de douane.

Mercredi, le locataire de la Maison Blanche a aussi annoncé une surtaxe de 50% sur les produits brésiliens, jusqu’ici épargnés.

«Le ton général est revenu à un niveau agressif et qui laisse craindre des négociations plus corsées», notamment pour les Européens dont le sort n’est toujours pas fixé, a ajouté Valentine Ainouz.

Dans la soirée de jeudi, Donald Trump a déclaré lors d’un entretien téléphonique accordé à la chaîne américaine NBC qu’il comptait envoyer une missive du même ordre à l’Union européenne (UE) «aujourd’hui ou demain».

«Je discute avec l’UE qui correspond, comme vous le savez, à plusieurs pays, ainsi qu’avec le Canada. Nous devrions envoyer [les courriers] dans les prochaines heures», a-t-il déclaré.

Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans s’établissait à 4,41% contre 4,35% la veille. Son équivalent allemand était à 2,72%, après 2,70% jeudi en clôture.

Le billet vert s’échangeait à 1,1697 dollar pour un euro (+0,03%).

Levi Strauss en hausse

Au tableau des valeurs, le fabricant de jeans Levi Strauss (+10,54% à 21,81 dollars) profitait de résultats trimestriels supérieurs aux attentes, notamment un bénéfice net par action de 22 cents là où les analystes tablaient sur 13 cents. L’entreprise a aussi relevé ses prévisions pour l’année.

Le bitcoin au sommet, le pétrole en hausse

Le bitcoin a frôlé les 119'000 dollars vendredi, atteignant son plus haut niveau historique à 118'847,26 dollars.

«Cette envolée est alimentée par des achats constants de la part d’acteurs institutionnels, qui absorbent une grande partie de l’offre disponible, réduisant la liquidité sur les plateformes d’échange», note Patrick Munnelly, de Tickmill Group.

Vers 16h05 GMT, le bitcoin prenait 2,72% à 116'950 dollars.

Du côté du pétrole, le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenait 2,55% à 70,39 dollars et celui de son équivalent américain, le WTI, gagnait 2,78% à 68,42 dollars.

Les cours profitent de spéculations autour d’une suspension de l’augmentation de la production des pays membres de l’Opep+, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés, indique Han Tan, analyste à Nemo.money.

Mais «les menaces persistantes de droits de douane du président Trump limitent le potentiel de hausse du pétrole, dans un contexte d’inquiétudes concernant un affaiblissement de la demande mondiale», tempère-t-il.

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