Gonet: l'actualité des marchés au 27 octobre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,28%, S&P 500 +0,70%, Nasdaq +0,82%, Russell +0,38%, SOX +2,82%, Eurostoxx +0,79%, SMI +0,53%.

 

La semaine du marché débute plutôt bien, dans le calme et une ambiance légèrement plus optimiste que celle de vendredi. La France semble aller un peu moins mal, le rendement du 10 ans OAT est de retour à 4,92%, mais le thème dominant de la séance est sans conteste le regain d’intérêt pour les valeurs liées à l’intelligence artificielle. Anthropic (la maman de Claude) dépose son dossier d’introduction en Bourse, dont l’ampleur devrait être au moins comparable à celle de SpaceX en juin. En parallèle Goldman Sachs connait une journée exceptionnelle, en codirigeant l’émission d’actions de Meta pour 95 milliards de dollars, en intervenant comme unique arrangeur d’une opération de financement de 40 milliards de dollars destinée aux puces de SpaceX et en occupant le rôle de chef de file principal du syndicat de placement pour l’introduction en Bourse d’Anthropic. Au total, ces opérations annoncées au cours d’une seule séance représentent environ 210 milliards de dollars. Tout cela semble rassurer le plus grand nombre, ou du moins une quantité suffisante d’intervenants pour permettre un démarrage de semaine dans le vert mais dans des volumes d’échanges bien faibles. Les esprits taquins feront remarquer à juste titre que c’est probablement surtout la capacité du SOX (semi-conducteurs) à rebondir de sa moyenne mobile à 200 jours vendredi, après s’être posé pile dessus jeudi soir, qui a provoqué un rebond technique d’un secteur en sursis, qui ne coupera pas aux résultats de Microsoft, Amazon et Alphabet plus tard cette semaine, money time pour l’IA en cette fin de mois d’octobre.

On garde bien de s’enflammer trop vite pour ce rebond donc, ce marché est manifestement pris en charge par les traders, qui privilégient hier la tech, les industrielles et la consommation discrétionnaire. Le breadth est positif sur le S&P500 (SPX) et légèrement négatif sur le Nasdaq100 (NDX), les mastodontes de la tech sont donc à nouveaux aux commandes de la hausse. On vérifie le SOX, qui a effectivement rebondi de sa 200 jours vendredi et évolue désormais près de 400 points au-dessus, clôture hier à 11'083 pts. Les petites capitalisations tentent une échappée mais sont rattrapées par la patrouille, le Russell2000 (RTY) tente de traverser sa 200 jours en séance mais termine sa journée juste en-dessous, il se bat avec elle depuis le premier octobre. Rappelons ici que les petites et moyennes entreprises apprécient que les rendements obligataires reculent, elles qui sont friandes en refinancements, le destin à court terme du RTY semble lié à celui de la courbe des taux US. Côté volatilité le VIX rend 5% à 18,39, on est loin de Broadway, tandis que le rendement du 10 ans US se maintient juste sous les 5% et que le dollar repart à la hausse, la paire EUR/USD cote 1,1158, prochains supports 1,1111 puis 1,1100. L’euro subit des pressions baissières liées aux risques budgétaires et politiques en France, à la possibilité que les marchés révisent leurs anticipations dans le sens d’une politique monétaire plus accommodante de la BCE, ainsi qu’à l’élargissement récent des écarts de rendement entre les obligations souveraines françaises (OAT) et allemandes (Bunds). Les manifestations massives en France ont dégradé un peu plus l’image du pays.

L’or consolide autour du seuil psychologique des 4000 dollars l’once, dans l’attente de la décision de la Fed. Le net repli par rapport aux récents sommets s’explique par une combinaison de sorties de capitaux des ETF, de raffermissement du dollar et de diminution des primes de risque géopolitique, dans un contexte d’intensification des efforts diplomatiques avec l’Iran. Le 26 octobre, les ETF ont réduit leurs avoirs en or de 337’200 onces, soit la plus forte baisse quotidienne depuis le 31 août. Malgré le recul observé sur la semaine, les encours physiques détenus par les ETF restent en hausse de 2,2% depuis le début de l’année, à 101,1 millions d’onces.

Le marché aura fort à digérer cette semaine avec le retour des banques centrales (la Fed demain, la BCE jeudi et la BoJ vendredi), la poursuite des publications de trimestriels, la France à surveiller du coin de l’œil, tout comme le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran mais aussi la 200 jours du SOX. Et en ligne de mire pointent les élections de mi-mandat aux Etats-Unis.

À une semaine de l’événement, la dynamique politique s’est nettement déplacée en faveur des démocrates, sur fond d’impopularité du président, d’inquiétudes liées au coût de la vie et de mécontentement suscité par la guerre contre l’Iran. Selon les sondages et les marchés prédictifs, les démocrates seraient bien placés pour reprendre la Chambre des représentants, où trois sièges supplémentaires leur suffiraient pour obtenir la majorité, tandis que le Sénat reste beaucoup plus incertain, avec quatre sièges à conquérir face à une majorité républicaine initiale de 53 contre 47. Une victoire démocrate dans les deux chambres pourrait constituer un scénario potentiellement défavorable aux actions, en raison du risque accru d’enquêtes parlementaires et de durcissement réglementaire, mais favorable aux obligations américaines: selon une enquête Bloomberg Markets Pulse menée auprès de 301 investisseurs, plus de la moitié anticipent une baisse des rendements des Treasuries dans les douze mois suivant un tel résultat. Un Congrès divisé aurait potentiellement des conséquences plus limitées sur les marchés.

Au menu macro-économique de ce mardi, la publication des permis de construire à 13h00, suivie des commandes de biens durables à 13h30 et de l’indice S&P/Case-Shiller des prix immobiliers à 14h00. À 15h00, les investisseurs prendront connaissance des ventes de logements neufs et de l’indice de confiance des consommateurs du Conference Board. Enfin, Christine Lagarde, présidente de la BCE, prendra la parole à 18h00.

Du côté des entreprises, HSBC affiche un bénéfice trimestriel avant impôts en forte hausse, à 9,6 milliards de dollars, mais recule de 5% à Hong Kong, tandis que Novartis améliore ses résultats et relève ses prévisions. Dans la pharmacie, Eli Lilly obtient gain de cause face à Novo Nordisk dans un litige publicitaire concernant les traitements amaigrissants. Les fondateurs de Ben & Jerry’s envisagent une séparation d’avec Unilever, tandis qu’Universal Music aurait discuté d’un retrait de la cote. Applied Materials prévoit de porter sa participation dans BE Semiconductor à environ 20%. Aux États-Unis, Microsoft propose des départs volontaires à quelque 60’000 salariés, Meta fixe à 625 dollars le prix de son émission d’actions de 25 milliards de dollars et plusieurs grandes banques de Wall Street, aux côtés de Blackstone, mobilisent 63 milliards pour financer les puces d’intelligence artificielle de Broadcom destinées à Anthropic. Intel renforce ses ambitions dans l’informatique quantique avec le rachat de Classiq, tandis que DoorDash négocierait l’acquisition d’Instacart pour environ 17 milliards de dollars. Enfin, la saison des résultats s’accélère avec notamment les publications de Logitech, Reckitt Benckiser, Visa, Coca-Cola, Boeing, UPS, PayPal et Robinhood.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo progresse de 1,73% à la cloche, Hong Kong recule de 0,94%, Shanghai perd 1,33%, Séoul progresse de 3,09% et le Nifty50 égare 0,18%. Les futures SPX et NDX reculent de 0,1% respectivement 0,4% tandis que l’Europe ouvre en baisse de 0,5%.

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