L’écart entre les taux d’emprunt français et allemand à dix ans, baromètre de la confiance des investisseurs dans la dette de la France, a enregistré lundi sa plus forte baisse en une séance depuis mars 2020, après le maintien de la note du pays par l’agence Moody’s.
Cet écart entre les taux d’emprunt français et allemand à dix ans, qui mesure le supplément exigé par les investisseurs pour prêter à la France plutôt qu’à l’Allemagne, considérée comme l’emprunteur le plus sûr de la zone euro, a reculé d’environ 0,14 point de pourcentage, à 1,53 point, selon des données Bloomberg.
Il avait atteint la semaine dernière 1,74 point en clôture, et jusqu’à 1,78 point en cours de séance, son plus haut niveau depuis 2011.
«La décision de Moody’s tempère un peu les inquiétudes sur le budget français et le coût de financement» a commenté Guillaume Chaloin, directeur des gestions actions chez Delubac AM.
Le taux d’emprunt français à dix ans est repassé sous la barre symbolique des 5 %, à 4,90 %, contre 5,02 % vendredi. Il avait dépassé ce seuil la semaine dernière pour la première fois depuis 2002. Le taux allemand de même échéance est resté quasiment stable, à 3,37 %.
L’agence Moody’s a maintenu vendredi soir la note de la France à Aa3, une évaluation de la capacité du pays à rembourser sa dette, alors qu’un abaissement était largement attendu. Elle a toutefois conservé une perspective négative, qui laisse planer la menace d’une dégradation.
Moody’s explique que sa notation Aa3, qui caractérise une dette «de bonne qualité», «part de l’hypothèse qu’un budget 2027 réduisant le déficit public sera adopté, tandis que (...) les tensions sociales se modéreront quelque peu dans les prochains mois».
Ses concurrentes Fitch et S&P, elles, classent depuis plusieurs mois la France en A+ (dette de qualité moyenne supérieure).