Là où est l’argent

Présélection prix Turgot 2018

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Maxime Renahy, Editions Les arènes.

Maxime Renahy, après avoir été administrateur de fonds à Jersey puis au Luxembourg intervient auprès d’ONG ou de syndicats. Il a créé en janvier 2019 la plateforme «lanceuralerte.org».

L'avis du Club de présélection du prix Turgot
Alain Brunet Le titre de l’ouvrage de Maxime Renahy «Là où est l’argent» pourrait de prime abord nous rappeler la sempiternelle antienne du PCF: «Prendre l’argent là où il est» c’est à dire chez les riches. Puis nous nous souvenons qu’Alphonse Allais avait énoncé dans une célèbre maxime «Il faut prendre l'argent là où il se trouve, c'est-à-dire chez les pauvres. Bon d'accord, ils n'ont pas beaucoup d'argent, mais il y a beaucoup de pauvres.» Y aurait-il une troisième voie? En effet, tout simplement laisser l’argent où il est, c’est-à-dire chez les riches. L’auteur, administrateur de fonds à Jersey pour l’un des plus gros cabinets de l’île puis agent de la DGSE par bluff avant d’être lanceur d’alerte par conviction, décrit dans un récit qui pourrait nous rappeler celui de Frédéric Pierucci (le piège américain), comment certaines entreprises minorent artificiellement leurs résultats sous prétexte d’optimisation fiscale pendant que d’autres dissimulent des fonds dans les paradis fiscaux pour programmer un plan social ou une fermeture d'usine. Ainsi en 2007, le rachat du fabricant de valises Samsonite localisé à Hénin-Beaumont lui fait prendre conscience des conséquences directes des actes de son employeur sur le tissu social de la région. En parallèle d’une description précise de l’activité des avocats qui ont pour mission essentielle de donner un vernis juridique à des structures qui n’ont pour raison d’être que le pilotage de liquidations frauduleuses, Maxime Renahy nous offre une vision sociologique des richissimes héritières de Jersey loin d’être fascinante. Du désir d’échapper à une routine suicidaire à leurs addictions pour remplir une existence dominée par l’argent et le paraître mais vide de sens, on se dit: qu’il est bon de n’être point trop riche!