Des richesses et des hommes

Présélection prix Turgot

1 minutes de lecture

La question démographique au cœur des crises économiques, François de Givry. Editions Vendémiaire.

François de Givry est économiste et président fondateur de la société Delta Finance est spécialiste des questions démographiques et littéraires.

L'avis du Club de présélection du prix Turgot
Christian Chouffier

De Platon à nos jours en passant par Smith, Rousseau et Marx, l’ouvrage analyse l’évolution de l’économie et les influences philosophiques qui ont conduit cette évolution. Il montre l’opposition régulières entre le monde tel qu’il devrait être, Platon, Rousseau, Marx et tel qu’il est, Aristote, Smith, ainsi que celle entre ce que l’auteur appelle la cité céleste et la cité terrestre. Avec la baisse d’influence des religions, la cité terrestre l’a emporté (peut-être à l’exception récente du marxisme qui propose le paradis sur terre) et la part philosophique dans l’analyse économique s’est peu à peu évanouie jusqu’à notre monde moderne où les équations et les algorithmes l’ont complètement effacée.
Parallèlement l’auteur insiste sur la remarquable stabilité technique et démographique du monde jusqu’au 19e siècle malgré quelques périodes d’accroissement de la richesse économique liées à des croissances de la population. L’émergence technologique du 19e siècle associée à une forte croissance démographique due principalement aux progrès de la médecine et à la réduction de la mortalité infantile a permis une croissance économique quasi constante jusqu’à nos jours, la part de la population de 35 à 55 ans qui produit, investit et consomme le plus augmentant de manière importante. L’analyse que fait l’auteur de la crise de 29 établit une corrélation entre la croissance des Etats-Unis par la natalité et l’immigration et la chute de la natalité de la fin du 19e et de l’immigration du début du 20e.

Ces évolutions ont aussi conduit à ce qu’on peut appeler une vision mainstream de la science économique, reposant sur des analyses mathématiques et à définition d’indicateurs comme le PIB et l’inflation qui sont devenus en sont devenus l’alpha et l’oméga. Cependant aujourd’hui l’inflation a disparu laissant les banquiers centraux perplexes et la croissance du PIB fait défaut dans les pays dits matures. L’auteur, s’appuyant sur l’analyse de la crise de 29 montre que la croyance en la croissance infinie du PIB s’avère erronée, non pas tant par la rareté des ressources mais par la baisse de le tranche 35-55 ans dans la population, y compris et surtout en Chine.  Il faudra que la «génération bénie» qui arrive à maturité s'empare de ce nouveau paradigme mais l'auteur doute de sa capacité à le faire.