Wells Fargo affectée par les bas taux d’intérêt

AWP

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La banque américaine voit son bénéfice net chuter de moitié à 2 milliards de dollars au troisième trimestre.

Les profits de la banque américaine Wells Fargo, pénalisés par la crise sanitaire et les taux d’intérêt bas, ont été divisés par deux au 3e trimestre par rapport à 2019, s’inscrivant sous les prévisions des analystes.

Wells Fargo a enregistré un bénéfice net de 2 milliards de dollars contre 4,6 milliards un an plus tôt, mais a fait mieux que la perte de 2,4 milliards du 2e trimestre lorsque la pandémie de coronavirus a paralysé l’économie.

Le bénéfice par action ajusté, référence des investisseurs nord-américains, est ressorti à 42 cents, décevant les analystes qui prévoyaient 45 cents.

«Nos résultats reflètent à la fois l’impact de la politique monétaire agressive et le soutien budgétaire à l’économie des Etats-Unis», a déclaré Charlie Scharf, le PDG de la quatrième banque du pays par actifs.

«Les taux d’intérêt historiquement bas ont réduit notre bénéfice généré par (les activités liées aux taux) d’intérêts», a ajouté le dirigeant dans un communiqué.

Les recettes que la banque tire des taux d’intérêt sur les prêts qu’elle accorde ont en effet chuté de 512 millions de dollars pour représenter une petite moitié du chiffre d’affaires total à 9,4 milliards sur 18,8 milliards, décevant encore une fois les anticipations des marchés.

L’environnement monétaire, avec des taux d’intérêt proches de zéro institués par la Banque centrale américaine (Fed) pour soutenir l’économie, rend les prêts moins chers pour les consommateurs mais moins rentables pour les banques.

Wells Fargo, dont l’essentiel des activités porte sur le financement de l’économie réelle, au travers des prêts accordés aux ménages et aux PME, a encore souffert de la baisse du volume de prêts aux entreprises, alors que l’épidémie de COVID-19 ralentit la réouverture de l’économie.

Ces prêts commerciaux sont en retrait de 31 milliards de dollars par rapport au trimestre précédent.

Le volume de prêts aux consommateurs en revanche a augmenté (+16 milliards de dollars), particulièrement grâce aux prêts et refinancement immobiliers.

Les dépôts, qui se montent à 1'400 milliards de dollars, sont néanmoins en repli de 27,5 milliards par rapport à juin.

Les recettes tirées des frais sur les comptes, sur la gestion de fonds et sur les cartes bancaires ont grimpé de 1,5 milliard de dollars par rapport au trimestre précédent pour représenter un total de 9,5 milliards.

«A l’avenir, la trajectoire de la reprise économique n’est pas claire alors que l’impact négatif du Covid-19 se poursuit et qu’un nouveau soutien budgétaire n’est pas sûr», a prévenu Charlie Scharf, ajoutant néanmoins que la banque restait «forte» grâce à ses niveaux de capitaux et de liquidités «au-dessus de la moyenne règlementaire».

Wells Fargo, dont le titre avait déjà perdu 3,66% mardi, chutait encore de 2,26% à l’ouverture de Wall Street.

La banque sert 24,4 millions de clients particuliers, en progression de 0,3% par rapport à l’année dernière, à travers 5.229 agences (-77). Quelque 32 millions de comptes sont consultés en ligne dont 25,9 millions à travers les téléphones portables.

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