UE: les ministres des Finances s’activent contre le blanchiment

AWP

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Suite au scandale Danske Bank, l’Autorité bancaire européenne, dont le siège va déménager de Londres à Paris, pourrait voir ses moyens augmenter.

Les 28 pays de l’UE ont promis mardi d’améliorer les règles européennes pour lutter contre le blanchiment d’argent, suite au scandale éclaboussant la première banque danoise Danske Bank.

Réunis à Luxembourg, les ministres des Finances de l’Union européenne ont eu une première discussion sur une proposition faite par la Commission européenne à la mi-septembre visant à renforcer la surveillance des établissements financiers et mieux faire face aux menaces de blanchiment de capitaux.

Au coeur de cette initiative: le renforcement des pouvoirs du régulateur bancaire européen, l’Autorité bancaire européenne (ABE), fondée en 2010.

L’entité, dont le siège va déménager l’an prochain de Londres à Paris, pourrait voir ses moyens augmenter pour assurer une surveillance unique plus efficace en matière de lutte contre le blanchiment.

«Tout le monde était d’accord aujourd’hui pour dire qu’il fallait une réforme. Mais à quoi elle va ressembler sur le long terme, il faut encore en discuter», a déclaré le ministre autrichien des Finances, Hartwig Löger, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE.

Des réserves sur la proposition de la Commission européenne ont notamment été émises par certains pays, comme la Finlande, l’Estonie et les Pays Bas.

«Notre paquet se concentre sur les défaillances principales que nous avons pu constater ces derniers mois dans le secteur bancaire», a déclaré le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis.

Le ministre danois des Entreprises, Rasmus Jarlov, dont le pays traditionnellement cité pour son faible niveau de corruption est désormais sur le devant de la scène avec le scandale de Danske Bank, a salué la proposition de la Commission, la qualifiant de «constructive».

«Nous sommes tout à fait d’accord: il faut renforcer notre cadre commun de lutte contre le blanchiment de capitaux. C’est un phénomène transfrontalier qui exige une réaction au moins à l’échelle européenne», a-t-il dit.

Revenant sur le scandale impliquant la Danske Bank, le ministre danois des Entreprises, Rasmus Jarlov, a affirmé que Copenhague avait «déjà tiré quelques leçons de cette affaire».

«L’enquête est en cours et nous voulons que la banque soit tenue responsable de ses erreurs, nous tiendrons nos partenaires européens informés», a-t-il promis.

Entre 2007 et 2015, environ 200 milliards d’euros ont transité par la filiale estonienne de Danske Bank via les comptes de 15.000 clients étrangers.

Une part importante de ces fonds, de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards, a été jugée suspecte, provenant essentiellement de Russie. Emporté par le scandale, le patron du Danske Bank a démissionné il y a deux semaines, tandis que la banque a reconnu «savoir que certains clients de la branche estonienne présentaient de forts risques».

Cette affaire, objet d’une enquête du parquet financier de Copenhague et de l’autorité danoise des marchés financiers, promet d’être tentaculaire, l’agence britannique de lutte contre la criminalité ayant annoncé récemment enquêter sur l’implication d’une société britannique.