Bill Gross: sortie par la petite porte

Morningstar Analysts

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Le gérant vedette n’a pas provoqué d’hémorragie chez PIMCO ni réussi à reproduire le même succès chez Janus Henderson. Il laisse toutefois un héritage important.

Bill Gross fait une nouvelle fois les gros titres des médias, mais avec moins de flamboyance qu’en 2014, lorsqu’il avait annoncé abruptement son départ de PIMCO, qu’il avait cofondé.

Le gérant obligataire le plus célèbre a annoncé qu’il ne gèrerait plus le fonds Janus Henderson Global Unconstrained Bond à partir du 1er mars, sur fond de performances décevantes.

Certains avaient craint qu’en quittant PIMCO, Gross conduirait une hémorragie en termes d’actifs du fonds dont il avait alors la charge – le fonds PIMCO Total Return. L’espoir bien évidemment était que Gross serait en mesure de reproduire le succès chez Janus Henderson.

Rien de cela ne s’est produit. Le fonds Total Return a continué de croître et d’afficher des performances raisonnables (il est noté Silver par Morningstar, note qu’il avait avant d’être dégradé à Bronze en septembre 2014). Fin décembre 2018, la stratégie gérée par Gross chez Janus Henderson avait moins de 1 milliard de dollars d’actifs sous gestion, dont plus de 50% apportés par Gross et sa famille.

Gross a profondément transformé le métier de gérant obligataire.

Cela ne doit pas minimiser son héritage. Gross a profondément transformé le métier de gérant obligataire – souvent cantonné à un rôle de «buy and hold» - pour mettre en œuvre des vues à la fois stratégiques et tactiques et faire de gros paris sur certains compartiments du marché obligataire.

Tout n’est pas rose dans son parcours. Il a notamment souffert de son incapacité à fermer son fonds à de nouveaux encours. Il a néanmoins réussi à faire de PIMCO Total Return un concurrent difficile à battre pour de nombreux gérants obligataires.
Il s’appuyait également beaucoup sur les nombreux analystes et gérants de PIMCO pour générer des idées et mettre au travail des encours en croissance. Mais plus le fonds grossissait, plus il devenait dépendant de paris plus globaux – quels marchés ou secteurs surpondérer ou sous-pondérer, quelle sensibilité aux taux d’intérêt prendre ou quel positionnement sur la courbe des taux.

Pour y parvenir, Gross s’appuyait sur le comité d’investissement de PIMCO, faisant appel à la fois à des généralistes et à des gérants spécialisés, mais aussi à des économistes ou des conseillers spéciaux (comme des anciens banquiers centraux).

Gross avait un ego sans doute démesuré, mais il a su imposer à son employeur d’alors d’attirer et de rémunérer correctement des talents, décision qui a été bénéfique à l’entreprise lorsqu’il a décidé de quitter le navire.

L’épisode n’a sans doute pas été le plus joyeux dans l’histoire de PIMCO, mais la firme a su faire preuve de résilience.