Pas de fin des Abenomics en vue au Japon

Marc Brütsch, Swiss Life Asset Managers

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Une croissance japonaise inférieure à son potentiel est attendue pour cette année comme pour la prochaine. Reprise provisoire en Chine.


©Keystone

Le renouvellement de la moitié des sièges de la Chambre haute le 21 juillet s’est soldé par la perte de la super-majorité des deux tiers de la coalition du Premier ministre Shinzo Abe et contrarie sérieusement son objectif de long terme de réformer une constitution pacifiste. Economiquement, l’issue pourrait se révéler positive en recentrant le gouvernement sur les Abenomics, puisque la coalition conserve une nette majorité aux deux Chambres. La prochaine étape sera la hausse controversée de 8% à 10% de la taxe sur la consommation en octobre, censée réduire le déficit structurel du Japon. 

L’industrie manufacturière japonaise subit un repli cyclique
encore aggravé par les tensions commerciales régionales.

Même si l’effet négatif sur la consommation est atténué par de nombreuses dépenses publiques, le moment de cette hausse est mal choisi: l’industrie manufacturière japonaise subit un repli cyclique encore aggravé par les tensions commerciales régionales, la dernière en date concernant la restriction des exportations de produits chimiques japonais essentiels à la technologie sud-coréenne. Nous attendons une croissance inférieure à son potentiel en 2019 (0,7%) comme en 2020 (0,4%).

L’économie est vouée à ralentir en Chine

L’économie du deuxième trimestre a enregistré sa plus faible croissance en 27 ans, à 6,2% en glissement annuel (6,4% au premier trimestre). Ce ralentissement reflète l’atonie des exportations, due avant tout au conflit commercial avec les Etats-Unis, et la faible demande des grands partenaires commerciaux de la Chine. L’altération du sentiment économique a aussi freiné les investissements, surtout industriels. 

Les ventes de détail chinoises ont profité des colossales remises
des concessionnaires automobiles avant l’adoption d’une nouvelle loi.

Les statistiques économiques de juin ont pourtant dépassé les attentes en révélant une amélioration de la production industrielle, de la FBCF et des ventes de détail. Nous jugeons cette reprise provisoire car elle procède d’éléments exceptionnels: les ventes de détail ont ainsi profité des colossales remises accordées par les concessionnaires automobiles avant l’adoption d’une nouvelle norme d’émission au 1er juillet. Malgré la trêve commerciale avec les Etats-Unis conclue lors du G20 fin juin, certaines positions toujours opposées sur des sujets majeurs rendront les négociations futures ardues. Une grande incertitude pèse ainsi sur le retour des menaces douanières.