2019, les investisseurs institutionnels sont sortis de l’ombre

Stéphane Ifrah, Napoleon Group

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Chronique blockchain. La forte hausse du Bitcoin s’est opérée avec quelques changements fondamentaux assez profonds.

L’année 2019 a vu la plupart des actifs traditionnels poster des performance supérieures aux moyennes long terme (ex: le S&P500 +31,5%, le 10 ans US +6%, le crédit Investment Grade US +17%). Cela est d’autant plus étonnant que l’environnement macro-économique n’a pas été très favorable entre un recul assez net de l’activité dans quelques régions du monde de premier plan, la guerre commerciale sino-américaine ou bien la stagnation voire la baisse du profit des entreprises. L’élément qui semble avoir supporter cette hausse est le revirement de la politique monétaire de la Fed avec trois baisses des taux en 2019 et une reprise des achats de dettes américaines.

Dans ce cadre-là, le Bitcoin n’a pas été en reste avec une hausse de 92% sur l’année 2019, passant de 3’750 à 7’185 dollars pour 1 BTC. Cette hausse ne s’est pas faite de manière linéaire sur cette année, avec une première partie où le Bitcoin a tutoyé les 14’000 dollars en mai, avant de reperdre près de 50% par rapport à ce point haut. Ce phénomène a été observé sur l’ensemble du marché des actifs digitaux avec des ampleurs plus ou moins similaires. 

La volatilité a baissé sur l’année
avec «seulement» 70% en 2019 contre 83% en 2018.

Cette hausse, bien qu’inférieure aux très grandes années comme 2017 (+1’338%) s’est opérée avec quelques changements fondamentaux assez profonds. D’une part, la volatilité a baissé sur l’année avec «seulement» 70% en 2019 contre 83% en 2018. C’est assez notable car historiquement, le BTC avait tendance à avoir un comportement plus volatile dans les phases haussières que dans les phases baissières. D’autre part, la structure de marché a évolué de manière assez nette. Les volumes traités ont eu tendance à progresser de manière significative, notamment sur Chicago Mercantile Exchange (le plus gros Exchange de produits dérivés au monde) où les volumes moyens quotidiens sur les Futures BTC ont progressé de plus de 75% sur l’année. Par rapport à 2018 Le nombre de portefeuille BTC détenant plus de 1’000 BTC (ce qu’on appelle des «baleines») a augmenté dans les mêmes proportions témoignant d’une institutionnalisation de ce marché et d’une substitution partielle du retail parmi les intervenants.

Cela est assez cohérent avec les différentes annonces de presse et les nouveaux produits sortis par des acteurs de l’économie traditionnel (Fidelity, JPMorgan, Facebook …). On perçoit une lente mais régulière diffusion de cette nouvelle classe d’actif/technologie dans l’économie réelle. Comme toute révolution, elle ne se fera pas en un ou deux ans mais sur une période plus longue. Cependant, le sentiment est que sa diffusion pourrait être plus rapide que par le passé. Pour confirmer cette tendance, il faudra continuer à observer en 2020 ce qui se passe sur les prix, la volatilité, les volumes et en termes de produits ou services pour les entreprises ou les particuliers. 

Le Bitcoin pourrait dépasser
ses plus hauts historiques cette année.

Enfin, ce qu’on appelle le «halving» qui correspond à une division par deux de la rémunération des acteurs qui valident les blocs de la blockchain Bitcoin pourrait également servir de puissant soutien aux prix comme ça a été le cas lors des 2 phases précédentes en 2012 et 2016. En effet, cet effet-là réduit mécaniquement la quantité de BTC produits et la vente potentielle de ces derniers par les «mineurs» qui opèrent et sécurisent cette blockchain par leur puissance de calcul. Celui-ci est prévu autour du début mai 2020. Il ne serait pas complètement étonnant que le Bitcoin dépasse ses plus hauts historiques (autour de 20’000 dollars) cette année.