Bonds Europe: rendements négatifs de record en record

AWP

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Le taux d’emprunt allemand à 10 ans a reculé à -0,586%, après être descendu jusqu’au plancher record de -0,6133%, contre -0,536% mardi.

La crainte de voir la croissance mondiale caler du fait des tensions commerciales et monétaires entraînait une forte détente du marché de la dette mercredi, avec de nouveaux records en territoire négatif pour la France et l’Allemagne.

«Nous restons sur la même tendance avec des niveaux extraordinairement bas», en particulier en zone euro, a souligné auprès de l’AFP René Defossez, stratégiste obligataire chez Natixis.

En zone euro, le marché «va de record en record», a également observé Aurélien Buffault, responsable de la gestion obligataire chez Meeschaert, interrogé par l’AFP.

«Personne ne veut s’exposer, tout le marché est en mode +aversion pour le risque+ et tous les ingrédients sont là pour faire baisser les rendements», a complété M. Defossez.

Le premier facteur est à chercher du côté des banques centrales accommodantes, que ce soit la Fed ou la BCE, «mais cela ne suffit pas à expliquer des niveaux aussi bas», selon lui.

«Le 2e catalyseur, ce sont les risques qui pèsent sur les marchés et alimentent les craintes, en premier lieu la guerre commerciale sino-américaine qui a pris un nouvel élan sur le terrain monétaire», a-t-il ajouté, «mais également le risque d’un Brexit sans accord.»

Les obligations d’Etat, considérées comme des actifs très sûrs, servent traditionnellement de refuge en cas d’agitation, au même titre que l’or ou certaines monnaies comme le yen.

Les politiques monétaires accommodantes sont également un puissant facteur de soutien pour le marché de la dette, car c’est l’un des principaux bénéficiaires des mesures de rachats d’actifs.

Depuis quelques mois, la combinaison de ces deux facteurs a fait basculer une partie du marché obligataire en territoire négatif et notamment sa référence, le taux d’emprunt à 10 ans de l’Allemagne, le Bund, qui s’enfonce chaque jour un peu plus.

Un taux négatif sur une obligation signifie que l’investisseur qui gardera ce titre jusqu’au bout perdra de l’argent. 

A l’inverse, pour un État, des taux bas offrent l’assurance de garder des marges de manoeuvres budgétaires, et pour des entreprises, celle de pouvoir se financer à bas coûts. Par ailleurs, les investisseurs ont été déçus par «une série de mauvais indicateurs», comme la production industrielle allemande qui s’est tassée de 1,5% en juin, a noté M. Buffault.

Des taux bas peuvent aussi aider à rendre les économies plus compétitives dans un contexte de faible croissance.

A 18H00 (16H00 GMT), le taux d’emprunt allemand à 10 ans a reculé à -0,586%, après être descendu jusqu’au plancher record de -0,6133%, contre -0,536% mardi à la clôture du marché secondaire, où s’échange la dette déjà émise.

Le rendement de même maturité de la France a également reflué à -0,317% contre -0,264% la veille. Il a également inscrit un nouveau record à -0,3564%.

Celui de l’Italie s’est aussi détendu à 1,415% contre 1,513%, tout comme celui de l’Espagne, à 0,164% contre 0,230%.

Celui du Royaume-Uni n’a pas fait exception, reculant à 0,482% contre 0,513%.

Aux États-Unis, le taux à dix ans baissait nettement lui aussi à 1,625%, soit son plus bas niveau depuis octobre 2016, contre 1,702% mardi, à l’instar de celui à 30 ans, à 2,135% contre 2,233%. Enfin, le taux américain à deux ans s’établissait à 1,537% contre 1,539%.

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