L’or est un facteur de stabilité comparé aux avoirs en devises

Yves Hulmann

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Pour Chris Mahoney de Merian Global Investors, il vaut aussi la peine de s’intéresser aux sociétés minières actives dans l’extraction d’or et d’argent.

Depuis le début de 2019, le cours de l’or s’est apprécié de plus de 16%, celui de l’argent de 13%. Comment expliquer l’engouement actuel des investisseurs pour ces deux catégories d’actifs? Entretien avec Chris Mahoney, assistant gestionnaire de portefeuille d’un fonds dédié à l’or et à l’argent chez Merian Global Investors.

Une question de définition tout d’abord: l’or est-il une monnaie ou une matière première?

L’or est clairement une monnaie, non pas seulement une matière première. Tout d’abord, l’or a déjà été utilisé comme une monnaie depuis des milliers d’années – et cela continuera certainement d’être le cas pendant encore longtemps. Il y a un siècle déjà, John Pierpont Morgan (ndlr: le fondateur de JP Morgan) disait: «L’or est une monnaie et rien d’autre».

L’idée selon laquelle l’or ne jouerait plus qu’un rôle négligeable
auprès des banques centrales ne correspond pas à la réalité.
Comparé à la situation qui prévalait jusque dans les années 1970, l’or n’a aujourd’hui plus la même fonction de garantie pour les banques centrales. Cela ne va-t-il pas réduire son attrait sur le long terme?

L’idée selon laquelle l’or ne jouerait plus qu’un rôle négligeable auprès des banques centrales ne correspond pas à la réalité. Au cours des douze derniers mois, les banques centrales de divers pays ont acheté de l’or pour plusieurs milliards de dollars. Et si l’on observe la part de l’or en pourcentage du total des réserves détenues par les banques centrales, on peut constater qu’il représente toujours une part importante: à savoir 77.3% aux Etats-Unis, 72.9% en Allemagne, 66% en Italie et 62.1% en France. Cette part est certes inférieure au Royaume-Uni avec 8% mais tout de même significative. Par ailleurs, si l’on considère les banques centrales des pays membres du G20, la part de l’or atteint en moyenne un cinquième (20%) du total des réserves détenues par celles-ci.

Pourquoi est-ce encore le cas?

Cela n’a rien d’étonnant car l’or représente un facteur de stabilité comparé aux avoirs en devises. Si l’on considère la période allant de 2000 à 2019, la plupart des grandes devises mondiales (monnaie-fiat) ont subi une perte de valeur par rapport à l’or.

Peut-on aussi tirer parti de l’appréciation du cours de l’or et de l’argent en achetant les titres de sociétés minières?

Oui, c’est une option. Notre portefeuille d’investissement comprend une quarantaine de compagnies minières de petite et moyenne taille américaines et australiennes affichant une capitalisation boursière de l’ordre de 3 milliards de dollars en moyenne. Le secteur minier de l’or et de l’argent a aussi l’avantage de faire l’objet de peu de recherche en comparaison d’autres industries. Nous investissons en particulier dans des entreprises comme Pan American Silver, LundinGold, Silvercorp ou Osisko.