En quête d’alternative au marché des actions

Yves Hulmann

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Pour Jeremy Leach, CEO de MPG, la perspective d’une baisse des taux d’intérêt n’a fait qu’accorder un sursis temporaire aux marchés.

Présent depuis de nombreuses années à Genève, Managing Partners Group (MPG), qui gère quelque 500 millions de dollars d’actifs, a renforcé récemment sa présence en Suisse en ouvrant ce printemps un bureau à Zurich. Jeremy Leach, le directeur et fondateur de MPG, explique pourquoi il reste très prudent au sujet des actions et souligne l’importance du marché suisse pour le gérant britannique.

L’automne dernier, MPG a cédé son fonds Vita Nova Hedge Fund, essentiellement investi en actions, en prévision d’une correction des marchés. Vous jugiez alors les actions comme étant «clairement surévaluées». Est-ce toujours le cas?

Oui, je crois que les actions sont surévaluées. C’est en particulier le cas aux Etats-Unis où les prix des actions avaient sans doute déjà atteint un sommet mais où les marchés ont néanmoins poursuivi leur rallye à causes des attentes de nouvelles baisses de taux d’intérêt. Celles-ci sont déjà incluses dans les cours, donc il est difficile de voir comment le rallye pourrait continuer pendant encore longtemps. Ce qui est certain, c’est que le potentiel de baisse des actions l’emporte de loin sur leur hausse potentielle. Plus la relance de l’économie est maintenue artificiellement en vie par une politique monétaire accommodante, plus forte sera la correction sur les marchés lorsqu’elle surviendra. Maintenant, personne n’a envie d’être tenu pour responsable d’une récession – et encore moins les banques centrales évidemment! C’est pourquoi, les banques centrales, des deux côtés de l’Atlantique, font tout pour poursuivre leur politique monétaire accommodante.

Le récent rallye boursier est survenu en réponse
à la réduction attendue des taux.
Compte tenu des baisses de taux supplémentaires attendues cette année du côté de la Fed et de la poursuite de l’assouplissement de la politique monétaire de la BCE, faudrait-il continuer de miser sur les actions?

Mes inquiétudes restent les mêmes qu’en ce qui concerne les prix des actions. J’ai l’impression que le changement des circonstances économiques qui ont accru les chances d’une réduction potentielle des taux d’intérêt – au lieu des hausses de taux qui étaient anticipées au début de l’année – ont accordé un sursis temporaire au marché. Le récent rallye boursier est survenu en réponse à la réduction attendue des taux. Toutefois, il est difficile de promouvoir un pari sur une hausse supplémentaire du marché, en particulier durant la pause estivale.

En avril, vous avez lancé un nouveau fonds dédié à la dette à haut rendement («high yield debt»). N’est-il pas aussi risqué pour les investisseurs de placer de l’argent dans ce domaine?

Non. La raison de notre optimisme est que la dette à haut rendement comporte des coupons offrant des taux d’intérêt nettement plus élevés, ce qui la rend moins susceptible d’être affectée par des variations de taux d’intérêt à court ou à moyen terme. Les titres de dette à haut rendement sont garantis par des actifs. Dès lors, tant que ces actifs ne sont pas exposés à une réévaluation en cas de crash sur le marché des actions, ils représentent un excellent outil de diversification parce que leurs prix ne sont pas corrélés avec le marché principal. En théorie, on pense bien sûr que la dette «high yield» est plus risquée mais, en réalité, le risque de défaut d’un tel fonds est extrêmement faible.

Beaucoup de clients allemands peuvent être tout aussi bien servis
à partir de Zurich que de Francfort.
A qui s’adresse ce type d’instruments?

Nous souhaitons cibler seulement les investisseurs qualifiés qui ont les compétences pour évaluer les risques et l’adéquation de ces placements pour eux, ou après consultation avec leur conseiller financier. Le fonds est adapté aux investisseurs de cette catégorie qui cherchent à réduire les risques de leur portefeuille grâce à une meilleure diversification.

Vous avez ouvert ce printemps un bureau supplémentaire à Zurich. Qu’en attendez-vous?

Je pense qu’il est important de disposer d’un bureau à Zurich pour servir le marché germanophone, qu’il s’agisse de clients suisses ou d’autres pays germanophones. Beaucoup de clients allemands peuvent être tout aussi bien servis à partir de Zurich que de Francfort. Globalement, le marché suisse est très important pour nous. Il est dès lors important que nous soyons présents dans les deux principales places financières du pays.