Les marchés mondiaux évoluent prudemment mardi avant la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) mercredi et celle de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, les investisseurs digérant aussi une série de résultats d’entreprises.
«Les marchés mondiaux montrent des signes timides de stabilisation, même si les investisseurs restent prudents à l’approche d’un calendrier chargé de décisions des banques centrales et de publications de résultats d’entreprises», commente Daniela Hathorn, analyste de Capital.com.
En Europe, la Bourse de Paris a gagné 0,51%, Francfort 0,71% et Milan a pris 0,90%. A Zurich, le SMI a gagné 0,40%.
La Bourse de Londres a reculé de 0,75%, emportée par la baisse du titre du géant bancaire HSBC (-5,42%), qui a annoncé mardi un bénéfice net en hausse de 45,5% sur un an au troisième trimestre, mais inférieur aux attentes des marchés qui espéraient davantage de la restructuration du groupe.
A New York, le Dow Jones restait proche de l’équilibre (-0,06%), le S&P 500 prenait 0,51% et l’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, gagnait 1,10% vers 17H00 GMT.
L’essentiel de la semaine se joue mercredi, avec la Fed qui doit annoncer sa décision sur ses taux directeurs à 18H00 GMT.
Les signaux récents de la banque centrale américaine «excluent de fait une hausse le 28 octobre», mais un relèvement d’un quart de point en décembre reste «très probable», estime Jan Hatzius, chef économiste de Goldman Sachs.
«Le ralentissement de la croissance des salaires, la faiblesse des chiffres de créations d’emplois et le niveau élevé des rendements à long terme lui donnent le temps d’évaluer les effets de la hausse de septembre», souligne Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO Investment Solutions.
«Relever les taux quelques jours avant une élection pourrait en effet signaler une trajectoire plus agressive que la banque centrale ne souhaite probablement pas afficher», juge part ailleurs Shannon Saccocia, directrice des investissements de la gestion privée de Neuberger, en référence aux élections de mi-mandat américaines du 3 novembre.
«En Europe, les indications de la BCE seront suivies de près, tout comme l’évolution des obligations d’Etat françaises, où les incertitudes budgétaires continuent de compliquer les perspectives», note Mme Hathorn.
Les résultats d’Alphabet et Microsoft mercredi, puis d’Amazon jeudi, sont aussi très attendus, alors que les investisseurs restent inquiets du coût de financement du secteur technologique.
Semi-conducteurs en hausse en Europe
La séance est par ailleurs «portée par le rebond des valeurs technologiques», note Grégoire Kounowski de Norman K.
Le franco-italien STMicroelectronics a flambé de 7,06% et le français Soitec 3,96% à Paris.
A Francfort, le fabricant de puces électroniques Infineon (+4,76%) a été recherché après avoir annoncé qu’il allait investir 1,1 milliard d’euros en Autriche dans une unité de production de puces de nouvelle génération afin de répondre à la demande croissante liée à l’essor de l’intelligence artificielle.
Le fabricant néerlandais d’équipements pour semi-conducteurs BE Semiconductor Industries (Besi) s’est envolé de 11,41 , après l’annonce par l’américain Applied Materials, dans un communiqué publié lundi, qu’il allait porter sa participation de 9 à environ 20 .
Le taux d’emprunt français se retend
Sur le marché obligataire, le taux de l’emprunt français à dix ans repartait à la hausse, à 4,92% après un net repli la veille, à 4,90% à la clôture contre 5,02% vendredi. Son équivalent allemand reculait à 3,36% contre 3,37% la veille.
Côté devises, l’euro reculait de 0,31% à 1,1139 dollar, «après l’effondrement de la confiance des ménages français», à «son plus bas niveau depuis juin 2013», commente Neil Wilson, analyste de Saxo Markets.
Pétrole en repli
Du côté du pétrole, vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord cédait 1,80% à 113,73 dollars le baril et son équivalent américain, le WTI, cédait 1,75% à 99,98 dollars.
«Le marché reste préoccupé par une possible résurgence de la guerre» entre Washington et Téhéran après les élections de mi-mandat américaines, selon les analystes de DNB Carnegie.