La Bourse de New York évolue dans le rouge lundi, plombée par l’impasse diplomatique au Moyen-Orient qui fait une nouvelle fois grimper les prix du pétrole et les taux obligataires.
Vers 16h05, le Dow Jones cédait 0,42%, l’indice Nasdaq perdait 0,70% et l’indice élargi S&P 500 reculait de 0,45%.
«On dirait que l’on accumule toutes les mauvaises nouvelles que l’on peut trouver, ce qui exerce une pression sur les cours des actions», commente auprès de l’AFP Sam Stovall, analyste du cabinet CFRA.
Donald Trump a rejeté dimanche un plan de l’Iran visant à rouvrir sous sept jours le détroit d’Ormuz, ajoutant qu’il s’attendait à une reprise prochaine des discussions avec Téhéran.
La délégation iranienne présente à New York - qui a tenu la semaine passée des pourparlers indirects avec les Etats-Unis - ne prévoit pas de nouveaux pourparlers avant son départ mardi, selon un média d’Etat.
«Tout l’espoir suscité vendredi par la perspective d’une percée diplomatique entre les Etats-Unis et l’Iran s’est évanoui aujourd’hui», résume Patrick O’Hare, de Briefing.com.
Une plus forte prime de risque est appliquée aux cours du pétrole, qui grimpent d’environ 2%.
Dans ce contexte, les investisseurs demandent plus cher pour prêter à l’Etat américain, estimant que les hauts prix de l’énergie vont alimenter l’inflation et amoindrir leurs marges.
Vers 15h45, le taux d’intérêt de la dette publique des Etats-Unis évoluait à 5,22%, un niveau plus observé depuis 19 ans. A la clôture vendredi, il était à 5,16%.
«Le marché évolue uniquement en fonction de l’actualité en ce moment», souligne Sam Stovall. Selon lui, un renversement de tendance n’est donc pas à exclure.
Le secteur énergétique américain est l’un des seuls à afficher une tendance positive à l’instar des géants pétroliers ExxonMobil (+1,48%), Chevron (+1,17%) ou ConocoPhillips (+1,55%).
Le secteur aérien (Delta -2,46%, United -3,30%, American -3,24%) et les professionnels du tourisme (Expedia -1,42%, Booking -1,14%) sont pénalisés par le renchérissement de l’or noir.
Les investisseurs prendront connaissance plus tard dans la semaine de plusieurs indicateurs sur l’emploi américain du mois de septembre, ainsi que de l’indice d’inflation PCE d’août, jauge préférée de la banque centrale des Etats-Unis (Fed).
Ces données pourraient aider le marché à affiner ses projections pour les futures mouvements de l’institution. Pour le moment, il semble certain qu’une nouvelle hausse des taux directeurs sera décidée d’ici la fin de l’année, possiblement dès la réunion d’octobre, selon l’outil de veille CME FedWatch.
Les valeurs technologiques sont à la traine. Meta cédait près de 4%, plombé par des prises de bénéfices après sa forte hausse de la semaine dernière.
Seul Nvidia parvient à résister à cette tendance baissière. Le géant des puces et première capitalisation mondiale a annoncé débloquer 150 milliards de dollars pour le rachat de ses propres actions, un record.
Au total, ces rachats cumuleront à 235 milliards de dollars d’ici fin janvier 2028.