Le cofondateur et patron de la banque en ligne Swissquote, Marc Bürki, annonce vouloir rester à son poste «au moins jusqu’en 2027». «Mais il est clair qu’il faudra bien passer le relais un jour», a-t-il affirmé dans une interview à la Handelszeitung.
Agé de 65 ans, M. Bürki veut encore mener quelques chantiers à son terme. Il souhaite notamment inaugurer avec la casquette de directeur général le nouveau siège social de Swissquote actuellement en construction à Gland.
Le lancement de la néo-banque Yuh en Europe est l’autre projet que le dirigeant souhaite voir aboutir avant son départ. «La Suisse est un marché intéressant, mais c’est aussi un petit marché», a-t-il souligné. L’expansion européenne de cette application financière pourrait se faire par le biais de la succursale luxembourgeoise de Swissquote, déjà titulaire d’une licence bancaire.
L’Allemagne, la France et le Benelux sont présentés comme les pays où le lancement de l’application ferait le plus de sens. Toutefois, Yuh doit encore être adaptée aux règles européennes MiFID. «Nous sommes actuellement à environ 85%» de ce travail, selon M. Bürki. Pour rappel, la banque en ligne est désormais l’unique propriétaire de Yuh après avoir racheté en juillet 2025 les parts restantes détenues par PostFinance.
Par le biais de cette application, Swissquote a par ailleurs testé ses premières approches en matière d’intelligence artificielle, a expliqué le directeur général, faisant référence au chatbot «Yuhlia». Ce dernier est encore «fortement limité», ce qui ne l’empêche pas d’enregistrer des centaines de milliers de demandes.
Par ailleurs Marc Bürki ambitionne d’imposer largement Swissquote comme la banque principale des clients, soit celle où est versé le salaire. Chez Yuh, une proportion de 20% des clients utilise déjà le compte à cet effet, contre 10% pour Swissquote.
La question d’un passage de M. Bürki au conseil d’administration reste pour l’heure en suspens. Il y aura une «période de transition obligatoire» au moment de son départ à la tête de l’entreprise. Il faut cependant prendre en considération la limite d’âge, fixée à 70 ans pour les administrateurs de Swissquote. «Cela va être serré», a commenté le patron sexagénaire dans l’article.