Le dollar chute mercredi, dans la foulée de l’annonce par le ministère des Finances américain de l’accroissement de ses rachats d’obligations à long terme, qui fait tomber les taux obligataires.
Le volume de rachats d’obligations, à échéance de 10 à 30 ans, devrait doubler à compter du 9 septembre en passant à au moins 4 milliards de dollars par opération d’achat de bons, contre 2 milliards maximum actuellement, a annoncé le Trésor américain mercredi dans un communiqué.
Cette information pousse les investisseurs à acheter des bons du Trésor, ce qui fait retomber leurs taux en conséquence.
C’est «un signal très fort envoyé par le Trésor qui a décidé que des rendements obligataires aussi élevés aux Etats-Unis sont inacceptables», estime Neil Wilson, analyste chez Saxo Bank.
Mardi, le taux d’intérêt à 30 ans de la dette publique des Etats-Unis a atteint son plus haut niveau depuis 2007, illustrant les risques inflationnistes portés par le conflit au Moyen-Orient et les craintes sur le niveau d’endettement du pays.
Des taux obligataires moins élevés rendent le billet vert moins attractif.
Et selon M. Wilson, cette annonce prouve que la flambée obligataire «peut être contrée par d’autres moyens» que la rigueur budgétaire ou «que la hausse des taux de court terme» de la Réserve fédérale (Fed), qui rassure les marchés sur la lutte contre l’inflation.
De quoi «accentuer la pression sur le dollar si le marché y voit un assouplissement des conditions financières, dans la mesure où cela permet à la Fed d’éviter» de rehausser ses taux, pense M. Wilson.
Vers 16H10 GMT (18H10 à Paris), le billet vert perdait 0,79% face à la monnaie unique européenne, à 1,1669 dollar pour un euro, et 1,58% face au franc.
L’or, valeur refuge concurrente du dollar et des obligations d’Etat, bondissait de 3,74% à 4496,82 dollars l’once.
En début de séance déjà, le dollar reculait en raison du ralentissement de l’inflation aux Etats-Unis en juillet et des statistiques américaines plus faibles, qui ont récemment réduit les anticipations du marché d’une nouvelle hausse des taux directeurs de la Fed.
«Cela devrait limiter la capacité des ‘minutes’ (le compte-rendu de la Fed, publié plus tard durant la séance, ndlr) à redonner l’avantage au dollar», bien que la réunion de fin juillet ait été interprétée à l’époque comme ouvrant vers davantage de resserrement, rappelle Stephen Innes, analyste pour Quintex Intel.
Les observateurs resteront cependant attentifs au ton qui a transpiré de cette rencontre, souligne l’analyste.
Le bitcoin s’envole pour sa part de 6,43% à 68’707,13 dollars, en raison des anticipations autour d’une rencontre ce jour de responsables du secteur à la Maison Blanche qui pourrait mener à des avancées favorables sur la régulation aux Etats-Unis, d’après l’agence Bloomberg.