L’équipementier de salles de bains Geberit se dresse un plan de vol ambitieux pour 2026 au sortir d’un premier semestre plus porteur que prévu. L’impact des hausses de prix sur la cadence de croissance doit toutefois prendre de l’ampleur, au détriment de la progression des volumes.
Le chiffre d’affaires a progressé de 2,8% sur les six premiers mois de l’année à 1,71 milliard de francs, à la faveur d’une croissance de près de 6% en monnaies locales. L’augmentation des volumes a contribué à hauteur de 4,5%, quand l’effet prix est estimé autour de 1,5%.
La marge brute opérationnelle est demeurée stable à 30,9% et le résultat afférent a cru dans une même proportion que les recettes à 529 millions. Le bénéfice net a de son côté bondi de 7,4% à 364 millions, indique le compte-rendu diffusé mercredi.
Copie reluisante
La performance commerciale décoiffe les projections les plus optimistes des analystes consultés par l’agence AWP. Le chiffre d’affaires ne devait pas dépasser 1,70 milliard. La marge brute opérationnelle s’avère conforme aux attentes moyennes. Le résultat afférent n’était guère attendu au-delà de 528 millions, ni le bénéfice net au-dessus de 356 millions.
Débouché principal de Geberit, l’Europe a généré des recettes de 1,10 milliard, malgré un accès de faiblesse en France et outre-Manche. La zone Moyen-Orient/Afrique a fait fi du conflit autour du golfe Persique pour afficher une croissance de 18,5% à 84,7 millions. L’Amérique (-13,4% à 48,4 millions) par contre a souffert d’une base de comparaison biaisée par une constitution de stocks préalablement à l’imposition de droits de douane aux Etats-Unis.
La direction entend maintenir la cadence de croissance dans un couloir de 5% à 6% en monnaies locales sur l’ensemble de l’exercice en cours. Traditionnellement affectée par des effets saisonniers en seconde moitié d’année, la marge Ebitda doit s’établir autour des 29,4% affichés en 2025.
Moins de volumes, plus de prix
«Nous anticipons au second semestre un ralentissement de la progression des volumes par rapport au premier,» a indiqué mercredi en téléconférence de mi-parcours le directeur général Christian Buhl. En parallèle, l’effet tarifaire doit grimper à 2,5%.
A l’origine de hausses de prix, l’inflation des matériaux de base devrait connaître une accalmie dès le trimestre en cours en glissement séquentiel, a laissé entendre le patron. Le renchérissement du côté de la main d’oeuvre reste par contre devisé à environ 3% sur l’ensemble de l’année.
Les analystes applaudissent à l’unisson une performance insoupçonnée de la part de l’industriel saint-gallois. L’euphorie est toutefois tempérée par un cours de l’action que d’aucuns jugent onéreux.
Une considération qui n’empêche toutefois pas Berenberg de recommander le titre à l’achat, jugeant que l’ampleur des marges, la résilience, la génération de liquidité ou encore le rendement pour les actionnaires justifiaient pleinement cette prime.
A la mi-journée, la nominative Geberit s’appréciait de 7,1% à 564,60 francs, trônant sans partage sur un SMI en hausse cosmétique de 0,06%.