Embellie!

Fredy Hasenmaile, Raiffeisen

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La résilience de la Suisse repose sur une économie diversifiée et très compétitive, à laquelle le franc fort contribue de manière décisive.

Début juillet, nous avons tenu notre traditionnelle conférence de presse consacrée aux perspectives pour le second semestre. Notre message principal portait sur la résilience remarquable de l’économie suisse, malgré les tensions géopolitiques, la guerre entre les États-Unis et l’Iran, la crise pétrolière déclenchée par la guerre du Golfe, le conflit douanier qui continue de couver, les bouleversements technologiques et un niveau élevé d’incertitude.

De la résilience à la reprise

La résilience de la Suisse repose sur une économie diversifiée et très compétitive, à laquelle le franc fort contribue de manière décisive. Les réévaluations constantes du franc obligent le secteur suisse des exportations à toujours être en forme. Forcées par cette pression constante visant à rationaliser les processus et à réduire les coûts, les entreprises suisses se présentent sous un jour particulièrement dynamique. Les mutations structurelles se poursuivent sans relâche dans notre pays. Les problèmes s’accumulent ainsi moins rapidement que ce que l’on observe actuellement en Allemagne, par exemple. C’est pourquoi la Suisse gère mieux les crises mondiales que d’autres pays. La récente crise énergétique l’a une nouvelle fois démontré. Cette résilience est également due à l’intensité énergétique nettement plus faible de l’économie suisse. Contrairement aux années 1970, la Suisse fait aujourd’hui partie des pays qui consomment particulièrement peu d’énergie pour produire un franc de valeur ajoutée. En conséquence, malgré la pénurie de pétrole, l’inflation n’a que légèrement augmenté en Suisse. L’inflation sous-jacente se maintient à 0,3% depuis le printemps, ce qui exclut toute menace de hausse des taux directeurs.

Fin de trois ans de marasme industriel

Un mois et demi après la conférence de presse, nous pouvons confirmer ces perspectives positives – et même nous montrer un peu plus optimistes encore. De nombreux indicateurs laissent entrevoir une amélioration de la situation économique. En juillet, le baromètre conjoncturel du KOF s’est situé, pour le deuxième mois consécutif, au-dessus de sa moyenne à long terme. Les indices suisses des directeurs d’achat se situent eux aussi de nouveau au-dessus du seuil de croissance de 50 points, après trois années où ils n’y étaient pas parvenus. Apparemment, la guerre entre les États-Unis et l’Iran n’a pas réussi à étouffer la tentative de sortie du marasme industriel mondial qui se profilait en début d’année. Au contraire, la reprise s’étend et contribue également au renforcement du secteur des services. L’indice suisse des directeurs d’achat pour le secteur des services a donc enregistré une forte hausse.

Premiers signes encourageants sur le marché du travail

Le marché du travail envoie lui aussi des signaux positifs. Certes, le taux de chômage officiel a augmenté de 0,1 point de pourcentage en juillet, pour s’établir à 3%. Après correction des variations saisonnières, il est toutefois resté stable à 3,1 %. Les prévisions d’emploi des entreprises se sont améliorées dans le secteur des services et sont moins défavorables dans l’industrie manufacturière. Dans l’ensemble, les entreprises sont plus nombreuses à prévoir de créer des emplois qu’à en supprimer. Parallèlement, le nombre d’heures de travail effectuées par les intérimaires reprend dans le secteur industriel. C’est précisément en période d’incertitude économique que le travail temporaire permet aux entreprises d’accepter rapidement des commandes lorsque la demande reprend et de constituer les effectifs nécessaires à cet effet. Après un ralentissement conjoncturel, la reprise se manifeste donc généralement en premier lieu sur le marché du travail temporaire. Le pire semble donc être derrière nous sur le marché du travail.

La consommation reprend de la vigueur

La consommation affiche également des chiffres en hausse. Alors que la consommation privée n’avait affiché qu’une croissance nulle au premier trimestre, le commerce de détail, par exemple, a retrouvé son élan au deuxième trimestre. Les chiffres d’affaires du commerce de détail en valeur nominale ainsi qu’en valeur réelle, sont redevenus positifs, tant en comparaison trimestrielle qu’en comparaison annuelle. La reprise provient principalement du commerce de détail alimentaire, tandis qu’elle est plus modérée dans le secteur non alimentaire. L’inflation n’ayant réagi que modérément à la flambée des prix de l’énergie, les consommateurs peuvent s’attendre, cette année encore, à une nouvelle hausse des salaires réels. Celle-ci n’est certes plus aussi importante que l’année dernière, mais elle devrait néanmoins contribuer à cette dynamique positive.

Les investissements porteront-ils également leurs fruits?

Pour que ces signes de reprise se transforment en une reprise solide, il faut désormais que les exportations renouent avec la croissance et que les investissements apportent une contribution plus importante à celle-ci. C’est de ces deux facteurs que dépendra en grande partie la capacité de la valeur ajoutée suisse de se rapprocher à nouveau, l’année prochaine, de son taux de croissance potentiel d’environ 1,6%. Les chances sont bonnes, car nous sommes sur la bonne voie. Les choses s’améliorent à nouveau.

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