Aryzta, plombé par l’Allemagne, s’interroge sur son avenir outre-Rhin

AWP

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La direction explique vouloir maximiser la création de valeur pour les actionnaires et renouer dès 2027 avec la rémunération de ses actionnaires, après dix années de disette.

Le boulanger industriel Aryzta étudie «toutes les options» pour ses activités en Allemagne, son premier débouché, au sortir d’un premier semestre placé sous le signe de la décroissance. La direction explique vouloir maximiser la création de valeur pour les actionnaires et renouer dès 2027 avec la rémunération de ses actionnaires, après dix années de disette.

«Un retrait complet d’Allemagne constituerait une variante extrême. (...). Si nous parvenons à la conclusion qu’il existe des régions dans lesquelles le capital de nos actionnaires peut-être investi de manière plus efficace, nous nous devons d’étudier la question,» a indiqué en entretien à l’agence AWP le directeur général par intérim et président Urs Jordi.

Le dirigeant assure pencher «à ce stade» pour une réorientation de ces activités, voire un redimensionnement.

Les recettes générées outre-Rhin avaient atteint en 2025 quelque 636,7 millions d’euros, loin devant les 353,4 millions engrangés en France ou les 280,9 millions collectés en Suisse. Le marché allemand représentait alors 28,6% du total. Le grand voisin du nord abritait en outre plus d’un cinquième des actifs d’Aryzta, pour une valorisation devisée à 328,8 millions.

Sérieux handicap

Sur le front opérationnel, le chiffre d’affaires semestriel s’est émietté de 2,1% sur un an à 1,06 milliard d’euros (990 millions de francs). Le groupe affiche ainsi une décroissance organique de 2,7%. Sans quantifier l’évolution par pays, Aryzta souligne que la contre-performance en Allemagne éclipse une progression sur d’autres marchés cruciaux.

La marge brute opérationnelle (Ebitda) s’est contractée d’une septantaine de points de base à 13,2%, pour un résultat afférent en retrait de 7,0% à 139,9 millions. Le programme d’optimisation en cours notamment a englouti 5,4 millions et grevé ainsi la marge d’une cinquantaine de pb.

Le bénéfice net accuse un recul de 3,9% à 47,2 millions.

L’évolution organique déçoit la projection la plus pessimiste des analystes consultés par AWP d’une huitantaine de points de base. Le bénéfice net en revanche s’inscrit dans le haut de la fourchette des prévisions.

Plan de vol raturé

La direction modère conséquemment son ambition de croissance vers le seuil du couloir de 1% à 5% déjà brossé pour l’ensemble de l’exercice, tout en maintenant inchangée son aspiration non quantifiée à améliorer les excédents avant charges d’intérêts et impôts brut et net. Les coûts de financement aussi doivent s’inscrire dans le bas d’une fourchette de 37 à 40 millions.

La feuille de route ne fait plus mention d’une réduction de l’endettement. La dette nette atteignait fin juin 789,4 millions, contre 649,5 millions six mois plus tôt.

La rémunération des actionnaires évoquée en préambule à la présentation des résultats pourra prendre la forme d’un dividende, d’un programme de rachat d’actions ou d’un panachage des deux. Le conseil d’administration privilégie dans tous les cas une approche progressive en matière de ratio de reversement, pour amener graduellement celui-ci à un niveau classique pour les petites et moyennes entreprises suisses cotées.

Cette perspective, pas plus que des commentaires d’analystes magnanimes, ne suffisaient pas à enrayer un plongeon de l’action. A 13h22, la nominative Aryzta dévissait de 13% à 46,05 francs, lanterne rouge d’un SPI en hausse de 0,17%.

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