Le procès en appel de l’ex-patron de Raiffeisen, Pierin Vincenz, et de ses co-accusés s’ouvre ce lundi devant la Cour suprême du canton de Zurich. En 2022, l’ancien banquier a été condamné à trois ans et neuf mois de prison ferme pour escroquerie et gestion déloyale notamment. Les audiences sont prévues jusqu’au 21 août.
Avec son principal co-accusé Beat Stocker, Pierin Vincenz avait fait appel du jugement en première instance rendu en avril 2022. Le nouveau procès doit durer deux semaines, la cour ayant invoqué la «dimension extraordinaire du cas» et la complexité du dossier.
En première instance, l’ancien associé d’affaires Beat Stocker, ex-patron de la société d’émission de cartes de crédit Aduno, a écopé d’une peine de quatre ans de prison. Les deux hommes avaient été reconnus coupables d’escroquerie, de gestion déloyale qualifiée et de corruption privée passive. La présomption d’innocence s’applique toujours.
L’accusation reproche aux prévenus de s’être enrichis illégalement lors d’acquisitions d’entreprises. Pierin Vincenz et Beat Stocker auraient secrètement pris des participations dans des sociétés avant que Raiffeisen ou Aduno ne les rachètent, empochant ainsi des bénéfices de plusieurs millions de francs.
Le procès se penche aussi sur les notes de frais de l’ex-banquier, qui aurait facturé à son employeur des dépenses privées, notamment des visites dans des clubs de strip-tease et des voyages. Pierin Vincenz a toujours affirmé qu’il s’agissait de «gestion des relations», un argument que le tribunal de première instance n’avait pas retenu.
L’ouverture de ce procès en appel intervient après une longue bataille procédurale. En février 2024, la Cour suprême zurichoise a annulé le jugement de première instance pour vices de procédure. Le Tribunal fédéral a cassé cette décision début 2025, jugeant l’acte d’accusation conforme et renvoyant le dossier à la Cour suprême zurichoise pour un examen sur le fond.
L’affaire avait éclaté en 2016 suite à la publication d’un article du journaliste Lukas Hässig sur sa plateforme en ligne Inside Paradeplatz. L’auteur y questionnait des participations de Raiffeisen ainsi que les relations d’affaires entre Pierin Vincenz et Beat Stocker.