Le spécialiste français des paiements électroniques Worldline a publié jeudi une perte nette de 97 millions d’euros au premier semestre sur un an, mais son dirigeant croit au «succès du redressement» du groupe qui avait essuyé une perte de 5,2 milliards d’euros en 2025.
De janvier à juin, le chiffre d’affaires a baissé de 3,7% à 1,89 milliard d’euros, et l’excédent brut d’exploitation (Ebitda, un indicateur de rentabilité) s’est élevé à 328 millions d’euros, en recul de 5,5%.
«Nous avons manifestement pris les bonnes décisions en recentrant l’entreprise sur le marché européen», a déclaré le directeur général, Pierre-Antoine Vacheron, lors d’une conférence téléphonique.
Le groupe a ainsi cédé plusieurs filiales sur le semestre, notamment en Asie et en Océanie.
«On peut donc s’attendre à ce que le résultat du deuxième semestre soit un peu meilleur que celui du premier. Cela nous permet de confirmer nos prévisions d’Ebitda et de relever nos perspectives de flux de trésorerie disponible», a-t-il ajouté.
Worldline avait accusé une perte nette en 2025 de près de 5,2 milliards d’euros, causée pour l’essentiel par des dépréciations d’actifs.
Après une longue descente aux enfers faite de pannes spectaculaires, de révisions à la baisse de ses objectifs financiers et de chutes en Bourse, Worldline a bénéficié début 2026 d’un apport d’argent frais.
Ses actionnaires, parmi lesquels Bpifrance, Crédit Agricole SA et BNP Paribas, ont souscrit début janvier une augmentation de capital de 500 millions d’euros.
Au-delà des performances financières, l’année 2025 n’avait pas été de tout repos pour le spécialiste du paiement: la société a été mise en cause par plusieurs médias, dont Mediapart et le quotidien belge Le Soir, pour avoir traité pendant des années des milliards d’euros de transactions douteuses, voire frauduleuses.
Une accusation à laquelle l’entreprise a répondu par un audit concluant à une gestion des risques «conformes aux référentiels».