Face à l’inflation, la Fed devrait rester en position attentiste

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«C’est une réunion très inhabituelle dans la mesure où l’on ne sait pas réellement ce que le patron de la Fed pense actuellement», déclare le chef-économiste d’EY-Parthenon, Gregory Daco. Un statu quo est attendu ce soir.

Prise entre l’inflation persistante provoquée par la guerre au Moyen-Orient et la volonté de Donald Trump de voir les taux baisser, la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait décider de ne pas choisir mercredi et opter pour le statu quo.

C’est tout du moins ce qu’attendent les marchés: selon l’outil de veille de CME, FedWatch, environ deux tiers des analystes misent sur un maintien des taux dans la fourchette actuelle, entre 3,50% et 3,75%, à la conclusion de la réunion du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC).

La réunion, débutée mardi matin, a repris mercredi en début de matinée et la décision du comité sera connue à 14H00 locales (18H00 GMT).

Un tiers des analystes prévoit toutefois une hausse des taux d’intérêt. Une part importante d’avis divergents à moins de 24 heures de la décision, s’explique notamment par la volonté du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, de ne plus donner en amont d’indication sur la direction que pourrait prendre la banque centrale.

«C’est une réunion très inhabituelle dans la mesure où l’on ne sait pas réellement ce que le patron de la Fed pense actuellement», a expliqué le chef-économiste d’EY-Parthenon, Gregory Daco.

Dans ses premières déclarations publiques en tant que président de la Fed, Kevin Warsh a réaffirmé que la banque centrale serait concentrée sur le fait de ramener de la stabilité dans les prix, sans pour autant donner d’indication quant à la méthode envisagée.

Un relèvement des taux représenterait un cas de figure défavorable pour le président Donald Trump qui a promis de faire baisser les prix comme les coûts d’emprunt.

Plusieurs membres du FOMC restent toutefois ouverts à cette possibilité, l’un d’eux, Christopher Waller, ayant estimé mi-juillet que la Fed, «doit se tenir prête à resserrer sa politique monétaire pour éviter une répétition de l’épisode d’inflation de 2020-2021», durant la pandémie de Covid-19.

Avant de nommer M. Warsh - dont il ne cache pas attendre une politique monétaire plus accommodante - M. Trump a mené une campagne acharnée contre celui qui a occupé pendant huit ans son fauteuil, Jerome Powell.

Le président américain a maintenu la pression sur la banque centrale lundi en assurant que «le rapport sur l’inflation a été très bon», avec des «coûts qui baissent rapidement».

Suffisant à ses yeux pour justifier que «les taux devraient être abaissés», a-t-il de nouveau martelé.

Inflation temporaire

Kevin Warsh a récemment assuré au Congrès qu’il «continuerai(t) à faire (son) travail» s’il était à son tour pris pour cible par l’exécutif.

L’inflation est repartie à la hausse ces derniers mois, principalement du fait de la guerre au Moyen-Orient consécutive aux bombardements américains et israéliens en Iran.

En mai, l’indice PCE, qui est privilégié par la Fed pour évaluer sa politique monétaire, atteignait 4,1%, 0,3 point de plus qu’en avril et en hausse de 1,2 point depuis février.

Depuis, les prix de l’énergie, première cause du pic d’inflation actuel, sont repartis à la baisse. Ils restent toutefois à un niveau bien plus élevé qu’en début d’année et très volatils selon l’évolution des hostilités.

Les données du PCE de juin seront connues jeudi, au lendemain de la décision de la Fed.

De l’avis de la plupart des analystes, le fait que l’inflation soit liée à l’énergie explique qu’elle puisse être vue comme temporaire, et devrait inciter la majorité des votants du FOMC à faire preuve de patience.

D’autant que le marché de l’emploi - l’autre mandat de la Fed - continue de montrer sa solidité.

Le chômage reste faible (4,2%), même si cela s’explique en partie par une baisse du taux de participation de la main-d’oeuvre, au plus bas depuis la pandémie.

Donald Trump est d’ores et déjà prêt à faire porter la responsabilité d’une décision autre qu’une baisse des taux sur certains membres du FOMC, qu’il juge «particulièrement politisés».

«Je sais ce qu’il (Kevin Warsh, ndlr) veut faire mais il a besoin de l’accord de certaines personnes qui peuvent avoir de mauvaises intentions», a affirmé lundi le président américain.

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