Le groupe Swatch a fait état mardi de revenus en hausse au premier semestre de l’année, stimulés notamment par des marchés au fort potentiel de croissance tels l’Arabie saoudite ou l’Inde. L’horloger biennois n’a cependant pas encore réussi à faire croître sa rentabilité et le bénéfice net, qu’il explique être affectés par les effets de change.
Dans un contexte géopolitique tendu, notamment au Moyen-Orient où Swatch fait savoir que «l’instabilité chronique a eu un impact négatif considérable» sur quelque 200 points de vente sans donner plus de détail, l’entreprise se félicite d’une augmentation des ventes semestrielles de 2% sur un an à 3,12 milliards de francs.
La croissance organique s’est même élevée à 8,5%, après une chute de 7,1% à la même période un an plus tôt, selon un communiqué publié mardi.
A taux constants, ces chiffres ont été portés «par une dynamique robuste dans tous les segments de prix et sur tous les continents» souligne la société dirigée par Nick Hayek. Elle affirme d’ailleurs avoir gagné «d’importantes parts de marché au niveau mondial».
Swatch met en avant «une très forte progression» sur les marchés à forts potentiels de croissance tels que l’Inde (+38%), le Mexique (+26%) et l’Arabie Saoudite (+41%), pays qui semble faire figure d’exception au Moyen-Orient. Les Etats-Unis affichent eux une hausse de 27% et, en Europe, ce sont l’Espagne (+28%) et l’Italie (+12%) qui se distinguent.
En Chine, y compris à Hong Kong Macao, le groupe informe que les ventes au détail redémarrent, notamment grâce à la marque Harry Winston, avec une hausse de +9%. Les commandes de réapprovisionnement des détaillants sont en revanche «restées modestes», dit-il succinctement.
Pas de RHT malgré les turbulences
Sur le plan de la rentabilité, la société fondée par le patriarche Nicolas Hayek peine nonobstant encore à convaincre. Le résultat opérationnel (Ebit) se dévoile à 52 millions de francs, contre 68 millions auparavant, et la marge afférente à 1,7%, contre 2,2%. Le bénéfice net rétrograde à 16 millions, alors qu’il se montait à 17 millions fin juin 2025.
Les acteurs du marché, s’ils ont été positivement surpris par un chiffre d’affaires défiant leurs prévisions les plus favorables, en attendaient davantage sur ce plan-là. «Le niveau élevé et constant des coûts d’exploitation reste un obstacle majeur à la rentabilité à court terme», note par exemple Gian Marco Werro de la Banque cantonale de Zurich (ZKB).
Si Swatch chiffre la répercussion du franc fort sur ses affaires semestrielles à une perte de 200 millions, il invoque également le fait qu’il maintient «délibérément» ses capacités de production et places de travail malgré un contexte économique agité.
La direction se montre en effet obstinée: elle n’a toujours pas fait appel à l’aide de la Confédération par le biais des réductions de l’horaire du travail (RHT), a contrario d’un grand nombre de maisons horlogères. Contacté par l’agence AWP pour en savoir davantage sur la question et sur la performance globale de l’entreprise suisse, son patron n’était pas disponible.
Pour la suite de l’exercice, Swatch soutient que «l’accélération des ventes depuis mai, qui se confirme dans les premières semaines de juillet, laissent augurer une croissance importante des ventes au deuxième semestre».
Les investisseurs ne se laissent pour autant pas vraiment persuader, à l’image des économistes d’UBS. «Le communiqué de presse de Swatch se montre optimiste, comme toujours, en évoquant une ‘amélioration significative de la rentabilité au second semestre de l’année’, mais il convient de noter que celui de l’exercice 2025 faisait également état d’une amélioration des bénéfices, qui ne s’est en réalité pas concrétisée «, pointent-ils.
A la Bourse suisse vers 10h45, la porteur Swatch lâchait 1,9% à 199,15 francs quand l’indice SPI avançait très légèrement de 0,02%.