La pause à la bourse suisse
Le Swiss Market Index (SMI) a évolué globalement latéralement cette semaine. Outre l’aggravation des incertitudes géopolitiques, les résultats semestriels occupent une place de plus en plus centrale dans les préoccupations des investisseuses et investisseurs. Le groupe industriel ABB affiche de solides performances. Le chiffre d’affaires a progressé de 14% par rapport à l’exercice précédent, tandis que son bénéfice a augmenté de 7%. Les perspectives restent également favorables: l’entreprise a relevé ses prévisions annuelles et a enregistré une hausse de 28% des prises de commandes. A l’occasion de la publication de ses résultats trimestriels, ABB a également annoncé le rachat du spécialiste britannique de l’automatisation Rotork pour environ 5,5 milliards de dollars, une acquisition qui devrait améliorer immédiatement sa marge. Les actions de ce leader du SMI ont gagné près de 40% depuis le début de l’année. Une grande partie des bonnes nouvelles étant déjà intégrée dans le cours, les investisseurs ont réagi aux résultats en procédant à des prises de bénéfices. Grâce à la vigueur de ses ventes de bijoux, Richemont a dépassé les attentes des analystes en matière de chiffre d’affaires au cours de son premier trimestre (clos fin juin). Bien que l’entreprise ait enregistré une croissance dans l’ensemble des secteurs opérationnels et des régions, les signaux les plus encourageants proviennent de la région Asie-Pacifique, où le chiffre d’affaires a affiché une progression à deux chiffres. Le spécialiste du capital-investissement Partners Group a continué à attirer de nouveaux capitaux, tout en faisant face à des flux sortants. Dans l’ensemble, les actifs sous gestion ont certes augmenté, mais la croissance a été inférieure aux attentes du marché.
Le négoce d’actions, une véritable mine d’or pour les grandes banques américaines
Les géants financiers américains ont publié des résultats trimestriels solides, dépassant les attentes des investisseurs. La barre était pourtant placée haut, comme en témoignaient déjà les cours des actions avant les publications. Les titres de JPMorgan Chase, Bank of America, Goldman Sachs et Morgan Stanley évoluaient à leur plus haut historique ou à proximité, tandis que ceux de Citigroup atteignaient leur niveau le plus élevé depuis la crise financière de 2008. Au cours du trimestre écoulé, les activités de banque d’investissement ainsi que la volatilité des marchés boursiers se sont révélées particulièrement lucratives. Les introductions en Bourse, les augmentations de capital et les volumes de transactions élevés ont généré des revenus substantiels.
Le ralentissement des pressions inflationnistes aux États-Unis
L’évolution des prix à la consommation aux Etats-Unis s’est apaisée en juin. Grâce à la baisse des prix de l’énergie, l’inflation s’est établie à -0,4% en juin par rapport au mois précédent. En glissement annuel, l’inflation est ressortie à 3,5%, contre 4,2% le mois précédent. Le fait que la récente poussée inflationniste ait été principalement alimentée par les prix de l’énergie apparaît clairement à travers l’inflation sous-jacente, qui exclut les prix de l’énergie et des produits alimentaires. Celle-ci s’est établie à 2,6%, contre 2,9% le mois précédent. Une tendance à la baisse a également été observée pour les prix à la production, un indicateur de l’évolution future de l’inflation. Grâce au recul de l’inflation et des prix à la production, la situation se détend pour les banques centrales.
Les actions IBM s’effondrent
Les actions du groupe technologique IBM ont perdu près d’un quart de leur valeur cette semaine après la publication de ses résultats financiers, l’entreprise ayant déçu les attentes des analystes. Selon IBM, le ralentissement de la demande s’explique par le fait que les clients ont renforcé leurs achats de matériel informatique afin d’anticiper de nouvelles hausses de prix et d’éventuelles pénuries d’approvisionnement.
Le ralentissement de la croissance économique chinoise
Le niveau élevé des cours du pétrole et la faiblesse de la demande des ménages ont pesé sur l’économie chinoise au deuxième trimestre. Le produit intérieur brut a progressé de 4,3% après avoir atteint 5,0% au premier trimestre. Les prévisions des économistes de 4,5% n’ont donc pas été atteintes. Le gouvernement chinois entend stimuler la consommation à l’aide d’un plan quinquennal. Le potentiel existe: avec un taux d’épargne de près de 40%, les ménages chinois disposent des ressources financières nécessaires. Ils ne sont toutefois pas encore disposés à les dépenser.
Graphique de la semaine
Le marché a toujours raison, dit un adage boursier. En ce qui concerne Volkswagen, celui-ci souligne les problèmes du constructeur automobile allemand. Les actions de ce dernier ont accusé une baisse de 31% depuis le début de l’année, et de 70% sur les cinq dernières années. Ces chiffres reflètent les défis multifactoriels auxquels le secteur automobile doit faire face, parmi lesquels le passage à l’électromobilité, la faiblesse du marché chinois et les droits de douane américains. A cela s’ajoute, pour VW, le coût élevé du site de production allemand. Il faudra suivre l’évolution du cours de l’action pour savoir si la restructuration prévue ramènera le groupe sur la voie du succès.
GROS PLAN
Un envol de courte durée
Les actions de la société spatiale SpaceX se négociaient cette semaine sous leur prix d’introduction en Bourse de 135 USD. Après leur introduction en bourse en juin, elles avaient pourtant bondi jusqu’à 225 USD. L’euphorie s’est pour l’instant dissipée en raison de la valorisation élevée.
LE PROGRAMME
Un test décisif pour le SMI
La semaine prochaine, les poids lourds du Swiss Market Index (SMI), notamment Nestlé, Roche et Novartis, publieront leurs résultats financiers