BCE: le souvenir d’un faux pas de 2011 pèse encore sur les décisions de taux

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Lors de la réunion de juin, les banquiers centraux n’ont pas oublié que 15 ans plus tôt la BCE avait relevé ses taux à deux reprises avant de devoir faire rapidement marche arrière.

Les responsables de la Banque centrale européenne ont veillé en juin à ne pas donner de signal sur la trajectoire future des taux d’intérêt, estimant avoir tiré les leçons d’un épisode critique en 2011, selon le compte-rendu de leur réunion publié jeudi.

Lors de sa réunion en juin, la BCE a relevé le principal taux directeur de 2% à 2,25%, un premier relèvement depuis 2023 pour répondre aux tensions inflationnistes provoquées par la hausse des prix de l’énergie dans le sillage du conflit entre l’Iran et les Etats-Unis.

Au cours de leurs discussions, les banquiers centraux ont explicitement comparé la situation actuelle à celle de 2011, lorsque la BCE avait relevé ses taux à deux reprises, en avril puis juillet, avant de devoir faire rapidement marche arrière en novembre puis décembre.

Sauf qu’«à l’époque, les hausses de taux étaient intervenues alors que la crise des dettes souveraines battait son plein en zone euro, tandis qu’il n’existe actuellement aucun signe concret de tensions financières majeures susceptibles de déboucher sur une récession», est-il souligné dans le document.

Ainsi, la «principale leçon de 2011» n’est pas de «s’interdire de relever les taux en période de risques pour la stabilité financière», mais plutôt qu’il faut éviter de s’engager à l’avance sur l’orientation future de la politique monétaire, indique le compte-rendu.

Les gardiens de l’euro ont ainsi estimé qu’une hausse de 25 points de base en juin, tout en surveillant les risques financiers et en se décidant réunion par réunion, était «conforme aux enseignements tirés de cet épisode» de 2011, est-il souligné.

Face à une incertitude jugée toujours élevée, la communication de la BCE doit «rester neutre», sans suggérer que la hausse de juin a constitué soit le premier d’une série de relèvements à venir, soit au contraire une mesure exceptionnelle et isolée, selon le document.

Cette prudence semblait avoir été confortée par la trêve conclue par la suite entre Washington et Téhéran quelques jours après la réunion de juin, qui avait fait refluer les cours du pétrole et atténuer certaines pressions inflationnistes.

Les nouvelles tensions au Moyen-Orient rebattent toutefois les cartes pour la BCE à deux semaines de sa prochaine réunion du 23 juillet.

Les responsables monétaires doivent désormais composer avec le risque d’un nouveau choc énergétique, alors même que les perspectives de croissance restent moroses en zone euro.

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