Le dollar reste à l’arrêt mercredi, sans profiter outre-mesure de la hausse des prix du pétrole après des déclarations de Donald Trump affirmant que le cessez-le-feu avec l’Iran était «terminé».
Dans la foulée de ces remarques, qui font suite à de violents échanges de frappes entre les deux camps, les prix du baril ont bondi de plus de 6% et se négocient à leurs plus hauts depuis deux semaines.
Si le Dollar Index, qui compare la devise américaine à un panier d’autres monnaies, a initialement réagi à la hausse, il évoluait vers 11H25 GMT (13H25 à Paris) à ses niveaux précédents l’annonce, grappillant 0,11% à 101,135 points.
Le billet vert grignotait 0,04% à la monnaie européenne, à 1,1407 dollar pour un euro, et prenait 0,24% à la devise japonaise, à 162,50 yens pour un dollar.
Mais le «consensus du marché croit» que Donald Trump opère «un coup de bluff» afin de mettre la pression aux Iraniens dans les négociations: «c’est pour ça que le dollar ne réagit pas vraiment, alors qu’il devrait fortement s’apprécier», suppose John Plassard, de Cité Gestion, interrogé par l’AFP.
L’analyste estime que le locataire de la Maison-Blanche n’y aurait aucun intérêt, alors qu’il cherche à faire baisser les prix à la pompe aux États-Unis à des fins électoralistes.
Par ailleurs, les cours du brut avaient «fortement baissé» depuis la signature du protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis qui avait rouvert le passage d’Ormuz, souligne-t-il.
Sur le marché des changes, le billet vert, devise dans laquelle est libellé l’or noir, s’était pourtant apprécié pendant la guerre en raison du blocage de ce goulet d’étranglement crucial dans le transport d’hydrocarbures.
Par ailleurs, si les cours de l’énergie s’envolent, l’inflation devrait en faire autant, ce qui pourrait renforcer les prévisions de hausses des taux américains, soutenant le dollar.
Preuve du ravivement de ces craintes d’inflation, «les rendements obligataires mondiaux s’envolent, en particulier en Europe», constate Kathleen Brooks, analyste à XTB.
L’or, valeur refuge concurrente du dollar et des obligations américaines, tombait en conséquence de 1,36% à 4050,40 dollars l’once.
Bien qu’il note aussi le calme des marchés à ce stade, Matthew Ryan, analyste chez Ebury estime que si «l’incertitude accrue» perdure, elle pourrait se traduire par «une aversion plus forte au risque sur l’ensemble des marchés», et «un nouvel afflux de capitaux vers le dollar valeur refuge».