Entre désinflation et doutes sur l’IA – Flash boursier de Bonhôte

Julien Staehli, Karine Patron, Pierre-François Donzé, David Zahnd, Bertrand Lemattre et Pascal Maire, Banque Bonhôte & Cie SA

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L’indice PCE, mesure d’inflation privilégiée par la Fed, a progressé de 4,1% sur un an en mai, conformément aux attentes.

Les marchés ont connu une semaine contrastée, marquée par un net reflux des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, une forte baisse des prix de l’énergie et un regain de volatilité sur les grandes valeurs technologiques américaines.

Le pétrole détend les taux longs…

Après l’accord de cessez-le-feu annoncé la semaine précédente, et malgré la volonté affichée de l’Iran de conserver le contrôle du détroit d’Ormuz, les marchés ont rapidement intégré un scénario de normalisation progressive des exportations pétrolières, entraînant une poursuite de la baisse des cours du brut. Cette détente énergétique a constitué le principal moteur des marchés obligataires. En effet, un recul durable du prix du pétrole limitera les pressions inflationnistes au cours des prochains mois. Le rendement du Treasury américain à dix ans s’est ainsi replié vers 4,40%, tandis que le Bund allemand est revenu autour de 2,87%. Ce mouvement s’est accompagné d’un raffermissement du dollar, soutenu par la perspective d’une politique monétaire américaine plus restrictive. L’indice PCE, mesure d’inflation privilégiée par la Fed, a progressé de 4,1% sur un an en mai, conformément aux attentes. Les marchés estiment désormais que la baisse des prix de l’énergie allégera progressivement les tensions inflationnistes au second semestre.

…mais entraîne une rotation sectorielle

Si l’amélioration des perspectives d’approvisionnement pétrolier a favorisé un repli des taux souverains, les investisseurs se sont montrés plus sélectifs face aux valorisations élevées des sociétés liées à l’intelligence artificielle. À l’approche de la saison des résultats du deuxième trimestre, les marchés semblent désormais davantage guidés par les fondamentaux que par l’enthousiasme entourant l’IA. Le marché actions a d’ailleurs subi une rotation sectorielle au sein la technologie, remettant temporairement en question les valorisations particulièrement exigeantes des méga capitalisations technologiques.

En Europe, les évolutions sont restées plus modérées. L’indice IFO allemand a progressé pour le deuxième mois consécutif, confirmant une amélioration graduelle du climat des affaires dans la première économie de la zone. Cette embellie reste néanmoins fragile dans un environnement où la croissance demeure faible et où les entreprises sont prudentes face aux incertitudes internationales. Les valeurs défensives du marché suisse ont retrouvé de l’intérêt dans un environnement plus incertain pour les valeurs de croissance, avec le secteur pharmaceutique qui a joué son rôle de stabilisateur.

En Asie, l’attention s’est principalement tournée vers le Japon. Le yen a brièvement atteint son plus faible niveau depuis près de quarante ans face au dollar avant de se reprendre après des déclarations laissant entrevoir une éventuelle intervention coordonnée des autorités japonaises et américaines. Cette faiblesse persistante de la devise illustre les divergences de politique monétaire entre la Banque du Japon et la Réserve fédérale.

Pour la semaine à venir annoncera les premiers indicateurs économiques de juillet ainsi que les dernières déclarations des banques centrales avant l’ouverture de la saison des résultats. Les publications des premières entreprises américaines permettront de vérifier si les bénéfices continuent de justifier les valorisations élevées du secteur technologique.

L’essentiel en bref

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