Alors que les investisseurs surveillaient les développements autour du détroit d’Ormuz, l’introduction en bourse historique de SpaceX a illustré la vigueur des flux vers les valeurs de croissance. La semaine s’est achevée sur une note favorable, plusieurs déclarations convergentes laissant entrevoir un accord entre Washington et Téhéran. Dimanche, Donald Trump a indiqué qu’un accord de principe avait été trouvé, ouvrant la voie à une réouverture progressive du détroit d’Ormuz.
Vers une normalisation entre Washington et Téhéran?
Après plusieurs semaines d’affrontements indirects et de tensions autour du détroit d’Ormuz, les négociations entre Washington et Téhéran se sont subitement accélérées et les deux pays seraient parvenus à un accord de principe. Selon les informations disponibles à ce stade, un mémorandum d’entente devrait être signé en Suisse en fin de semaine, en marge du G7. Les éléments qui semblent faire consensus incluent la réouverture du détroit d’Ormuz, la levée progressive du blocus maritime américain, une période de cessez-le-feu de 60 jours et l’ouverture de négociations complémentaires sur le programme nucléaire iranien. En revanche, les modalités définitives concernant les sanctions, les stocks d’uranium enrichi et les engagements nucléaires restent à négocier. Plusieurs responsables américains et iraniens ont d’ailleurs souligné que les termes finaux n’étaient pas encore arrêtés. Les marchés ont accueilli favorablement cette perspective. Le Brent, qui avait approché les 98 lundi dollars, a reflué en fin de semaine.
États-Unis: l'inflation paralyse la Fed
Sur le plan macroéconomique, les statistiques américaines ont confirmé un regain de pressions inflationnistes. L’indice des prix à la consommation (CPI) a progressé à 4,2% sur un an en mai, contre 3,8% en avril, tandis que l’inflation sous-jacente est remontée à 2,9%. Les prix à la production (PPI) ont également surpris à la hausse avec une progression mensuelle de 1,1%, supérieure aux attentes. En parallèle, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont légèrement augmenté à 229’000, confirmant un lent refroidissement du marché du travail sans toutefois signaler de dégradation brutale de l’activité. Pour les investisseurs, la conséquence est claire: la réunion de la Fed des 17 et 18 juin devrait maintenir une posture restrictive. Du côté des marchés, la technologie a connu une semaine volatile. Les prises de bénéfices sur les valeurs liées à l’intelligence artificielle se sont poursuivies tandis que l’introduction en bourse record de SpaceX a constitué l’événement marquant de la semaine sur les marchés primaires. Son succès confirme que les investisseurs continuent d’accorder une prime élevée aux sociétés associées aux grandes thématiques structurelles de croissance, notamment l’intelligence artificielle et les technologies de rupture.
Zone euro: la BCE agit avant la Fed
La Banque centrale européenne est devenue la première grande banque centrale à réagir au regain inflationniste. Comme largement anticipé, la BCE a relevé son taux de dépôt de 25 points de base à 2,25%. L’institution a justifié cette décision par la remontée de l’inflation à 3,2% dans la zone euro.
La détente observée sur le pétrole réduit le risque d’un choc inflationniste durable, mais ne suffit pas encore à modifier la trajectoire des banques centrales. Les investisseurs devraient continuer de privilégier les actifs offrant une meilleure visibilité, tandis que les marchés obligataires resteront sensibles à toute surprise sur l’inflation. Toute confirmation de la désescalade au Moyen-Orient pourrait prolonger le mouvement de détente sur les prix de l’énergie et soutenir les actifs risqués.
L’essentiel en bref
