Des actionnaires assignent Worldline en justice

AWP

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«Les actionnaires méritent une explication», a déclaré à l’AFP leur avocate Sophie Vermeille, «la société doit être transparente sur les raisons qui ont provoqué l’effondrement de son cours de Bourse».

Des actionnaires de la société de paiement Worldline, lésés par la chute de son cours de Bourse depuis 2021, l’ont assigné lundi en justice, estimant que le groupe français a diffusé des informations trompeuses sur ses finances et ses perspectives de croissance.

«Les actionnaires méritent une explication», a déclaré à l’AFP leur avocate Sophie Vermeille, «la société doit être transparente sur les raisons qui ont provoqué l’effondrement de son cours de Bourse».

Worldline est un maillon de la chaîne des paiements qui se rémunère en commissions sur les flux de ses clients, des commerçants physiques et en ligne.

Ancienne filiale d’Atos, la société a connu ces dernières années une série de pannes spectaculaires, des révisions régulières à la baisse de ses objectifs financiers, et une chute de sa valeur qui a entraîné sa sortie fin 2023 du CAC 40, le principal indice de la Bourse de Paris.

Fin juin 2025, l’entreprise a été mise en cause par plusieurs médias, dont Mediapart et le quotidien belge Le Soir, pour avoir traité pendant des années des milliards d’euros de transactions douteuses, voire frauduleuses.

L’assignation en référé devant le tribunal des activités économiques (TAE) de Nanterre, que l’AFP a pu consulter, vise à obtenir des documents financiers internes à la société.

Elle peut être suivie dans un second temps par une procédure sur le fond, visant potentiellement les anciens dirigeants ou les cabinets qui ont certifié les comptes.

Dans ce document, les demandeurs, actionnaires ou anciens actionnaires de Worldline, considèrent que les comptes consolidés de la société pour les exercices 2022 à 2024 «ne donnaient pas une image fidèle de la situation financière du groupe».

Ils estiment que Worldline a diffusé au marché «des informations fausses ou trompeuses» concernant ses perspectives de croissance, sa marge opérationnelle ou encore sa capacité à générer de la trésorerie.

Worldline «conteste fermement les allégations des demandeurs et confirme sa détermination à faire valoir ses droits en justice», a réagi l’entreprise, contactée par l’AFP.

Les demandeurs détiennent ensemble moins de 0,004% du capital de l’entreprise, a-t-elle souligné, en rappelant que les documents demandés étaient confidentiels.

Worldline a publié en début d’année une perte nette de près de 5,2 milliards d’euros au titre de 2025, causée pour l’essentiel par des dépréciations d’actifs passées au premier semestre.

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